Paris : Fin du recrutement des élèves sur dossier pour les lycées d’excellence Louis-le-Grand et Henri-IV afin « de favoriser l’ouverture sociale »

Les deux prestigieux lycées recruteront désormais leurs élèves par le biais de la plateforme Affelnet. Parents, élèves et enseignants craignent une baisse du niveau scolaire et de « l’excellence à la française. »

Les deux prestigieux établissements parisiens perdent leur régime d’exception. Les lycées Henri-IV et Louis-le-Grand ne recruteront plus leurs élèves de seconde parisiens sur dossier mais à travers la procédure informatisée Affelnet.

Sous l’impulsion du recteur, Christophe Kerrero, ancien directeur de cabinet de Jean-Michel Blanquer, l’académie de Paris mène depuis 2020 une réforme d’ampleur du système d’affectation des 15.000 élèves de troisième dans 45 lycées publics de la capitale, avec une nouvelle sectorisation plus fine, autour de cinq établissements à privilégier par collège et un indice de position sociale (IPS), qui donne des points bonus au collège en fonction des classes socioprofessionnelles des parents.

La communauté éducative inquiète

L’intégration des deux lycées d’élite à ce logiciel lancé en 2008 vient apporter une brique supplémentaire à ces évolutions. « La réforme dans son ensemble a pour objectif d’apporter plus de transparence et plus d’équité. Henri-IV et Louis-le-Grand possèdent une forte visibilité et font figure de référence au niveau national. Ils ont vocation à montrer la voie en termes d’ouverture sociale », explique au quotidien du soir Claire Mazeron, la directrice académique des services de l’éducation nationale (Dasen) de Paris chargée des lycées.

Cependant, la communauté éducative des deux établissements ne voit pas cette réforme d’un bon œil. Des parents de collégiens ont appris cette intégration en consultant le site de l’académie début janvier et, depuis, l’information se répand comme une traînée de poudre. Parents, élèves et enseignants affichent leur mécontentement. Ils craignent une baisse du niveau scolaire, et avec elle de « l’excellence à la française ». « Le traitement algorithmique ne permet pas de distinguer les bons, les très bons et les excellents élèves, s’inquiète Antoine Bonneval, responsable de la FCPE à Louis-le-Grand. On ne cherche pas à défendre la bourgeoisie parisienne mais l’excellence au sein du service public. »

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