Paris : La sulfureuse boulangerie LGBT “Legay Choc”, figure du Marais, ferme ses portes

Les touristes ne feront plus la queue en se prenant en photo devant les drôles de baguettes, moulées en forme de sexe d’homme, exposées dans la vitrine de la boulangerie Legay Choc, au 45, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie (IVe)! Après 19 ans au cours desquels il assure avoir triplé son chiffre d’affaires, le gérant Richard Legay a définitivement baissé le rideau de fer le 8 novembre dernier. Et vendu à une société foncière, le 25 novembre, son fonds de commerce qui abritait une boulangerie depuis 1860.

« Après les Gilets jaunes à l’automne 2018, les grèves de décembre 2019, le Covid nous a fait l’effet d’un coup de massue ! » s’exclame Richard Legay qui affirme « avoir perdu 450.000 € dans l’affaire à la date du 30 septembre ».

A 51 ans, le commerçant, qui a dû procéder au licenciement économique de ses 8 salariés, ne fait pas mystère des causes du marasme : « Les touristes étrangers ou venus des régions ne sont plus là. Les restaurateurs, dont les commandes de baguettes représentaient un tiers de mon chiffre d’affaires, sont fermés au moins jusqu’au 20 janvier. Et comme les employés des bureaux du quartier sont en télétravail, l’activité sandwichs est en baisse de 40 % ».

Que les amateurs de « baguettes magiques » (2,40 €), selon la dénomination commerciale, et galettes des rois du même acabit (20,95 € pour 4 personnes), se rassurent : ils pourront toujours les partager entre amis car Richard Legay a décidé de recentrer son activité à quelques pas, au 33, rue Rambuteau (IVe), précisément où il avait ouvert sa deuxième boulangerie en avril 2004. Plus grand, ce local où travaillent une dizaine de salariés dispose d’« un four permettant de cuire simultanément 160 baguettes alors que la capacité de celui de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie était limitée à 80 baguettes », justifie le gérant.

Le troisième petit commerce de la rue à mettre la clé sous la porte en 2020

Bénéficiaire d’un prêt garanti de l’État (PGE) de 150 000 € qui lui a permis de « payer les salaires », Richard Legay ne s’en cache pas : « Actuellement, je ne gagne pas d’argent. Du 1er janvier au 30 novembre 2020, le chiffre d’affaires de la boulangerie de la rue Rambuteau, qui est restée ouverte pendant les deux confinements, est en baisse de 35 % par rapport à la même période de 2019 ». […]

Le Parisien