Paris : Le quartier de la Goutte-d’Or face à la délinquance des migrants mineurs isolés violents et dépendants aux médicaments qui viennent pour « l’Eldorado français »

Rue Fleury, le long de la bibliothèque de la Goutte-d’Or, à Paris. La police occupe le terrain là où se rassemblaient les mineurs isolés.

Depuis quatre ans, des adolescents étrangers toxicomanes et violents, qui refusent toute aide, vivent livrés à eux-mêmes dans le XVIIIe arrondissement. Découvrez le onzième épisode de notre série consacrée aux mineurs non accompagnés.

Un fourgon de police est désormais posté près de la bibliothèque où ils se regroupaient ces derniers mois. Dispersant ainsi les mineurs isolés de la Goutte-d’Or. Quelques dizaines toujours présents, qui errent dans les rues au grand dam de commerçants et d’habitants usés par cette cohabitation compliquée dans ce quartier du XVIIIe arrondissement de Paris.

Celui qui a vu arriver à Paris des mineurs marocains, fin 2016. « Des gamins de 11-12 ans, semblant parfois en faire 8 ! », rappelle le maire PS, Éric Lejoindre. À la « sidération » des riverains s’ajoutent vite des tensions avec ces enfants « refusant toute aide ». Souvent « dépendants aux médicaments » et « violents », ils vivent de « larcins (vols de sacs, téléphones…) » et dorment « dans des squats ».

Dans ce secteur populaire, entre la gare du Nord et l’autoroute A1, qui « voit transiter beaucoup de monde et concentre des phénomènes impactant ensuite le reste du pays (crise de l’accueil des migrants, trafics, etc.), celui des mineurs inquiète ». Actions d’associatifs, coopération internationale, etc… ont aidé à mieux appréhender le phénomène, sans permettre de le régler.

Il y a « toujours une cinquantaine de jeunes à la Goutte-d’Or », souligne Emmanuelle Oster, commissaire du XVIIIe. La pression policière « les repousse parfois hors de Paris. Certains partent en province. Mais d’autres arrivent par vagues, notamment depuis l’été dernier », dit-elle, précisant que la situation a beaucoup évolué en quatre ans.

« Pour l’essentiel, ils ne sont plus mineurs »

Son commissariat, qui a longtemps traité les procédures concernant ces jeunes dans la capitale, note qu’ils « ne sont plus, pour l’essentiel, mineurs comme au début du phénomène ». Ils « ne sont pas isolés et restent en contact avec leur famille ». La « plupart, enfin, n’arrive plus du Maroc mais du Maghreb en général, et beaucoup d’Algérie»

Ils « nous expliquent venir pour ‘l’Eldorado français ‘», poursuit Emmanuelle Oster. « On leur dit ça chez eux, donc ils partent avec l’idée de faire de l’argent ». Passant par l’Espagne, ces jeunes « rejoignent ensuite Barbès-Goutte-d’Or, à Paris. »

Sont-ils exploités par des réseaux criminels ? « Il y a eu quelques affaires en province où des personnes entretenaient leur toxicomanie pour les pousser à voler pour eux. Mais rien n’a été jusqu’ici prouvé à Paris », insiste la commissaire. Des investigations difficiles se poursuivent. Visant, entre autres, les médicaments parfois vendus dans la rue, qui « ne sont pas des contrefaçons et restent difficiles à se procurer ».

Ouest-France