Paris : Les riverains refusent de nouvelles salles de shoot, « Hidalgo, trois c’est trop ! »

Près de 300 personnes se sont rassemblées ce samedi sur les Grands Boulevards pour protester contre le projet de la mairie de Paris d’ouvrir des lieux de « prise en charge médicale et sociale » des consommateurs de crack dans le quartier.

Des parents accompagnés de leurs jeunes enfants en poussette, des retraités, des commerçants, des jeunes couples… Les profils des manifestants étaient variés ce samedi après-midi sur les Grands Boulevards, à Paris. À l’appel d’un collectif de riverains, près de 300 personnes se sont rassemblées pour protester contre le projet de la mairie de Paris d’ouvrir dans le quartier deux lieux de prise en charge des consommateurs de cracks.

La maire (PS) du Xe, Alexandra Cordebard, s’était fendue la veille d’un courrier pour tenter d’apaiser le climat en assurant « qu’aucun projet d’implantation d’une nouvelle salle de consommation supervisée » n’était prévu dans le Xe. Mais la défiance des riverains est grande. « C’est un courrier politique. J’accorde peu de crédit à la maire. Ils prennent les décisions dans le dos de tout le monde et après, ils essayent de calmer les choses », s’agace Laurent, 53 ans, arrivé dans le quartier il y a deux ans.

« Le Xe ne peut pas supporter tout ça ! »

Une salle de shoot, des hôtels d’accueil pour migrants, et maintenant deux salles pour les crackeux ? C’est pas possible, le Xe ne peut pas supporter tout ça ! » s’inquiète un riverain. « Anne Hidalgo est soi-disant très préoccupée par l’exil des familles de la Ville de Paris mais avec ce genre de projets elle nous pousse à partir ! » insiste Emmanuel, dont la femme est enceinte.

Quelques minutes après le début du rassemblement, sous la houlette de l’élu (LR) Bertil Fort, les manifestants décident de battre le pavé jusqu’à la porte Saint-Martin. « Cordebard, pas sur les Grands Boulevards ! » « Hidalgo, trois salles de shoot c’est trop ! » scandent-ils devant les yeux médusés des automobilistes.

« Moi, j’ai des mamans qui m’appellent en me disant qu’elles n’en dorment plus de la nuit et qu’elles s’inquiètent pour le futur de leurs enfants » raconte Catherine, fondatrice de l’association Vivre ! Bd de Strasbourg, fg St-Denis St Martin.

Nouveau rassemblement dans le XXe

« Bien sûr qu’il faut prendre en charge ces personnes malades du crack. Mais pas dans une ville aussi dense ! On n’ouvre pas une salle d’accueil de toxicomanes comme on ouvre un supermarché ! Il faut veiller à l’environnement autour, s’assurer que les salles sont suffisamment éloignées les unes des autres… qu’il y ait une vraie réglementation sur le sujet », insiste Catherine.

Un peu plus loin, plusieurs dizaines d’habitants se sont à nouveau réunis sous les fenêtres de la mairie du XXe. Quelques jours plus tôt, ils ont été assurés que la salle d’accueil des crackeux initialement prévue rue Pelleport, à proximité de crèches et d’écoles, ne verrait pas le jour. « Nous voulons montrer au maire que nous restons vigilants », explique Stéphanie.

À terme, les associations de riverains des ces arrondissements ont l’intention de se fédérer. « Le nord-est de Paris ne peut pas concentrer toute la misère du monde », martèle Catherine. « Il faut absolument qu’on se serre les coudes et qu’on organise une manifestation à l’Hôtel de Ville », lâche une habitante du XXe venue manifester en solidarité avec les riverains du Xe.

Le Parisien