Paris : Pour éviter les toxicomanes, les dealers et les prostituées, des enfants du XVIIIe sont obligés d’être escortés par la police pour se rendre à l’école

Depuis plusieurs semaines, aller à l’école est un moment d’anxiété pour des familles du 18e arrondissement. Près de la maternelle, des toxicomanes et des dealeurs se sont établis, à la vue de tous et surtout des enfants. Consommation, prostitution… les élèves, “traumatisés” et terrifiés, sont désormais escortés chaque jour par la police municipale.

Dans le 18e arrondissement de Paris , près de la porte d’Aubervilliers, les enfants et leurs parents sont accompagnés par des policiers municipaux, pour éviter d’être agressés par les drogués qui ourlent le chemin de leur école. L’objectif du dispositif, instauré par la mairie, est de rassurer les familles face à la présence de consommateurs de drogue, établis près de l’établissement depuis plusieurs semaines et de l’évacuation du camp de Forceval à la porte de la Villette.

“Ils sont traumatisés”

“On est partagés entre la colère pour nos enfants, l’inquiétude et le dégoût”. Matin et soir, le trajet entre le domicile et l’école maternelle est devenu bien anxiogène pour Houda et sa fille. Désormais, c’est escorté par la police municipale qu’elles empruntent le raccourci pour rentrer chez elles en une dizaine de minutes. Elles veulent surtout éviter les toxicomanes qui se sont installés aux abords de l’établissement scolaire. “Il y a un point de deal qui est là”, montre la mère de famille. “Il y a un local EDF qui est sur le passage, il y a un matelas, il y a des personnes qui se prostituent là-bas, même en pleine journée devant les enfants.”

Une situation qui impacte non seulement le quotidien mais aussi l’état psychologique des enfants. “Ils sont traumatisés”, dénonce Houda. “Moi, ma fille fait des cauchemars récurrents et les solutions qu’on nous propose, ce ne sont pas des solutions.” Car l’escorte policière, bien que rassurante pour les familles, n’est pas infaillible.

“Ça faisait tellement peur”

Une autre mère de famille ne peut par exemple pas être toujours présente aux heures de départ du cortège. Résultat : il faut choisir entre faire un long détour ou bien prendre des risques. “Je n’ai pas pu tomber sur la police, donc j’étais obligée de passer parmi eux. Ça faisait tellement peur, je courrais avec les enfants”, raconte-t-elle. “C’est très énervant”, lance également son fils. Le maire du 18ᵉ arrondissement assure que la présence des policiers sera maintenue en attendant de trouver une autre solution. La préfecture de police , quant à elle, réitère son objectif d’éradiquer le crack d’ici un an dans la capitale.

Europe1