Paris : pris en tenaille sous un pont par les forces de l’ordre à… 23h02

A deux jours de la fin du couvre-feu et deux jours après une dérogation le soir de France-Allemagne en football, les forces de l’ordre ont coincé ce jeudi soir à Paris un groupe sorti des bars à 22 h 45, mais réfugié sous un pont le temps que la pluie cesse. Ils les ont verbalisés à 23 h 02

Plusieurs escadrons de la gendarmerie, lourdement équipés ont été déployés pour faire respecter le couvre-feu aux Tuileries ce jeudi soir. Mais la pluie avait découragé les fêtards cette fois. Les gendarmes se sont donc rabattus sur une trentaine de personnes qui s’étaient abrités de la pluie sous un pont. Pour les verbaliser à… 23h02 pour non-respect du couvre-feu.

Le Covid-19 ne semble être dangereux qu’une nuit sur deux à Paris. Le non-respect du couvre-feu a été fermement verbalisé à 23h02, sur les quais à Paris, ce jeudi soir. Alors qu’à partir de ce week-end, il sera à nouveau possible de circuler librement durant toute la nuit puisque le ministre a annoncé la fin du couvre-feu. Mardi déjà, pour France-Allemagne, une grande clémence, « du discernement et de la mansuétude » avait été demandé par le gouvernement aux forces de l’ordre. Et six jours plus tôt, pour la demi-finale de Roland-Garros mettant aux prises Nadal et Djokovic, une dérogation avait été obtenue car le match n’était pas terminé à 23 heures.

Mais les forces de l’ordre avaient prévu de frapper un grand coup ce jeudi, après avoir été débordées durant plusieurs jours de suite par des fêtes sauvages en plein air au Trocadéro ou aux Tuileries. Le déploiement est donc conséquent. Chaque rue est barrée par de nombreux fourgons et des gendarmes lourdement équipés patrouillaient par groupe de 15 dans plusieurs grandes artères parisiennes… Pour rien ou presque. Car la pluie a freiné les fêtards.

Surpris par la pluie, ils s’abritent sous un pont

Quelques groupes sortent néanmoins du Rosa Bonheur sur Seine ou du Flow, sur le quai d’Orsay ((VIIe)) vers 22h45. La plupart ont un verre en carton à la main, pour finir tranquillement en rentrant chez eux. Mais la pluie redouble. Une trentaine de fêtards décide de se réfugier sous le pont Alexandre III pour laisser passer l’orage et finir de discuter. Certains squattent là depuis plusieurs minutes pour manger un morceau et d’autres y ont même sans doute passé leur fin de soirée entre étudiants, à siroter une bouteille de vin bon marché.

Il est 23h02, les deux piles du pont sont prises d’assaut de chaque côté par une colonne de gendarmes. Prise en tenaille, la trentaine de fêtard pense qu’il faut partir. Non. C’est un barrage et le message est clair : « Sortez tous vos papiers nous procédons à une verbalisation pour non-respect du couvre-feu. » La négociation est impossible, au mépris même de l’écologie : « Ne finissez pas vos verres, vous les videz par terre ou dans la Seine. »

30 amendes à 135 euros

Malgré tout, l’un des gendarmes semble être mal à l’aise avec la consigne, quand d’autres préfèrent crier : « dommage vous auriez dû partir directement à 22h45. » Les fêtards répliquent qu’ils rentraient et que deux jours plus tôt et dans deux jours il sera possible de rester. « Oui il y a parfois des dérogations », admet-il. « C’est quand même ridicule de nous bloquer tous et niveau sanitaire c’est génial de nous serrer les uns contre les autres, vous n’êtes là que pour remplir les caisses de l’Etat, c’est honteux », ironise un jeune.

Finalement la trentaine de personne réfugiée sous le pont sera verbalisée et l’opération aura pris… 1h15. « J’ai raté le dernier RER à cause d’eux », soupire une jeune quadragénaire en petite jupe. Délestée de 135€, mais sèche.

Le Parisien