Paris : Procès d’un jihadiste suisse d’origine bosniaque

Goran*, Vaudois d’origine bosniaque, a été arrêté il y a trois ans alors qu’il se rendait en France. Durant cette opération anti-terroriste franco-suisse, d’autres individus ont été interpellés en région parisienne ainsi que dans le département des Alpes-Maritimes.

Pendant des mois, les huit hommes radicalisés ont parlé d’attentats et de comment réaliser de tels projets, sur une messagerie cryptée très prisée par les sympathisants du groupe État islamique. Voilà en substance ce que la police infiltrée parmi ces apprentis terroristes a découvert.

Selon les enquêteurs, le Vaudois de 31 ans a joué le rôle du meneur. Très actif sur les réseaux sociaux et sur la messagerie cryptée, Goran a sélectionné les plus déterminés de ses contacts pour constituer une cellule opérationnelle prête à commettre des actions violentes, notamment en France.

Dans cette petite équipe, il a proposé des modes opératoires. Il a également incité les membres du groupe à mourir en martyrs, a réparti les rôles et s’est proposé de fournir des armes et de trouver de l’argent.

Goran n’aurait pas forcément parlé à ses complices français de projets en Suisse. En revanche, la mise sur écoute de son logement suisse et de son véhicule révèle des propos pour le moins inquiétants. Il parle avec sa femme de se faire exploser, de faire dérailler un train, de déposer un sac d’explosifs dans une gare ou encore d’attaquer une boîte de nuit à Lausanne.

Aujourd’hui, le Vaudois risque 30 ans de prison, soit la peine maximale prévue par le droit français pour la préparation d’un ou de plusieurs attentats. Depuis son arrestation il y a trois ans, Goran n’aura eu de cesse de clamer son innocence. Les projets d’actions violentes? “Du blabla, une fiction entre jeunes”, aurait-il déclaré. Le verdict de la Cour d’assise spéciale de Paris est attendu le 15 janvier prochain.

*prénom d’emprunt

RTS