Paris : Un atelier pour 200 artistes en exil, “Ils sont ici chez eux”

C’est un lieu unique en Europe : rue d’Aboukir à Paris, un atelier héberge 200 créateurs venus du monde entier. Leur point commun : ils ont tous été contraints, un jour, de fuir leur pays pour raison de guerre ou de discriminations.

La cuisine est un peu exiguë, mais dans la pièce d’à côté la table en bois où se prennent les repas, est, elle, immense : ici, lorsque l’on fait à manger, c’est toujours pour trente personnes à la fois. Car la solidarité est la norme de ce lieu unique en Europe, nommé l’Atelier des artistes en exil (aa-e), financé en partie par le ministère de la Culture, mais aussi par ses revenus propres. Dans ses nouveaux locaux de la rue d’Aboukir – au cœur du Paris le plus chic – quelque deux cents créateurs du monde entier vont et viennent au gré de leurs projets.

Originaires d’Afghanistan ou du Venezuela, de Chine (de la région ouïghoure du Xinjiang), du Yémen, de Russie, de Turquie, du Congo, d’Éthiopie, ils pratiquent toutes les disciplines : arts plastiques, arts vivants, littérature, architecture, mode, cinéma… Avec un point commun irréductible : avoir été tous contraints de quitter un jour leur pays, où en tant qu’artistes ils étaient souvent déjà en lutte depuis longtemps avec les autorités.

Ayant fui la guerre ou un régime dictatorial, victimes de discriminations politiques, religieuses, ethniques, sexuelles, ou bien « seulement » poussés par la faim, ils cherchent à transformer cet arrachement en renaissance, aujourd’hui, ici, en France, à Paris. Grâce à la pratique de leur art, qui leur permet de s’accrocher à la vie.

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