Paris : Un chien attrape la variole du singe après avoir partagé le lit de ses maîtres homosexuels (Màj : une première mondiale)

L’animal de compagnie a commencé par présenter « des lésions cutanéo-muqueuses, comprenant des pustules abdominales et une fine ulcération anale » 12 jours après le diagnostic de ses maîtres. A en croire la revue scientifique The Lancet, les deux hommes ont déclaré qu’ils ont l’habitude de dormir avec le chien.

« Dans les pays endémiques, seuls les animaux sauvages (rongeurs et primates) sont porteurs du virus. Cependant, la transmission du virus monkeypox chez les chiens de prairie a été décrite aux États-Unis et chez les primates captifs en Europe qui ont été en contact avec des animaux infectés importés. L’infection chez les animaux domestiques, comme les chiens et les chats, n’a jamais été signalée », a noté la revue scientifique.

« Nos résultats devraient susciter un débat sur la nécessité d’isoler les animaux de compagnie des individus positifs au virus de la variole du singe. » indique ainsi le rapport scientifique.

En plus du contact peau à peau, le virus de la variole du singe peut également être transmis en partageant des vêtements ou des draps. On sait depuis un certain temps que les chiens peuvent également être infectés par le virus de la variole du singe, tout comme les écureuils, les hérissons, les chinchillas et éventuellement les lapins. L’infection chez les animaux domestiques reste cependant peu probable.

Des risques à dormir avec son animal

Le risque lié à la présence d’un chien ou d’un chat dans la chambre de son maître n’est pas nouveau. Il peut même paraître surprenant de constater le nombre de personnes acceptant de laisser son animal dormir dans son lit.

Une enquête publiée en 2011 et réalisée de 1974 à 2010 aux États-Unis, aux Pays-Bas, en France et au Royaume-Uni a permis de noter que 14 à 62 % des propriétaires dorment avec leur chat ou leur chien.

On oublie combien cette habitude peut favoriser la transmission de diverses maladies (bartonellose ou maladie des griffes du chat, Capnocytophaga canimorsus, bactérie présente dans la salive du chien et pouvant provoquer une septicémie mortellepasteurellose, staphylococcies, parasitoses).

Dans le cas de la Covid-19, une enquête canadienne a montré que le temps passé avec un contact entre le chien et son maître n’avait pas joué un rôle dans la contamination de l’animal mais qu’il n’en était pas de même pour les chats qui étaient plus à risque d’être contaminés s’ils dormaient dans le lit de leur maître.

Attention aussi au cowpox

Dans cette enquête, les poxvirus n’étaient pas cités. Alors que la variole a été la première maladie pouvant être prévenue par la vaccination et ainsi la première à être éradiquée, les autres infections à poxvirus ont souvent été sous-estimées alors que certaines sont zoonotiques.

En premier lieu, il faut souligner que ces poxviroses zoonotiques sont souvent bénignes, sauf chez les personnes immunodéprimées.

C’est pourquoi l’infection humaine reste une zoonose sous-estimée car peu fréquente et, de ce fait, rarement reconnue immédiatement par le clinicien (ceci a pu être aussi le cas pour la variole du singe qui a pu ainsi se propager pendant un certain temps sans être détectée avant mai 2022 en dehors de l’Afrique du fait de son mode particulier de propagation par des relations sexuelles dans la communauté homosexuelle masculine).

Les poxvirus les plus souvent rencontrés chez l’Homme sont le cowpox (orthopoxvirus) et l’ecthyma contagieux (parapoxvirus) très connu chez les petits ruminants mais beaucoup moins des particuliers propriétaires de moutons ou de chèvres « tondeuses ».

Dans le cas du cowpox, des cas graves exceptionnels ont cependant pu être observés. Bien que l’infection par le cowpox soit sporadique, le virus est endémique en Europe du Nord avec une augmentation du nombre de cas depuis une vingtaine d’années, peut-être du fait de l’arrêt de la vaccination contre la variole.

Le réservoir de ce poxvirus est constitué par des petits rongeurs sauvages, notamment le rat d’égout ou surmulot (Rattus norvegicus), espèce dont dérive le rat domestique d’élevage, facile à apprivoiser comme rat de laboratoire ou nouvel animal de compagnie (NAC).

C’est ainsi qu’en Europe, nous avons connu en 2009 une épidémie humaine avec des rats importés de Hongrie en tant que NAC.

Le rat peut infecter l’Homme et de nombreuses espèces animales, le plus souvent par morsure (chiens, chats, bovins, chevaux, singes, lamas, éléphants…).

Si les cas sont rares chez le chien (infecté par morsure de la truffe), ils sont plus fréquents chez le chat du fait de son comportement de chasseur (le premier cas félin de cowpox a été décrit en 1978). Ce contact étroit du chat avec les rongeurs explique qu’il soit la source la plus importante des infections humaines.

Pas d’animal réservoir connu pour la variole du singe

Dans le cas de l’orthopoxvirus de la variole du singe, en dehors des singes utilisés dans des laboratoires à partir desquels le virus fut isolé pour la première fois en 1958 (d’où la dénomination de ce virus), on ne connaît pas l’espèce hôte réservoir de ce virus.

On a souvent considéré en République démocratique du Congo (RDC) où la maladie est endémique que l’infection humaine résultait d’un contact avec un animal sylvestre infecté, bien que l’espèce hôte réservoir soit actuellement inconnue.

Diverses espèces sont suspectées, qu’il s’agisse d’animaux sauvages devenus familiers ou chassés pour leur consommation (viande de brousse) : Cricetomys gambianus (rat de Gambie), Cercopithecus ascanius (singe à queue rousse) et les écureuils africains, en particulier le genre Funisciurus et Heliosciurus rufobrachium (écureuil soleil à pattes rouges).

Le seul virus de la variole du singe (MPXV) isolé d’un mammifère sauvage a été obtenu à partir d’un écureuil à cordes moribond (Funisciurus anerythrus) collecté lors d’une enquête sur une épidémie en RDC.

Le chien nouvelle espèce sensible

L’exemple de l’épidémie de variole du singe observée en mai 2003 dans le Midwest américain est significatif pour plusieurs raisons :

– elle a confirmé l’origine zoonotique suspectée en Afrique de cette poxvirose par l’importation du Ghana de rats de Gambie (ou cricétomes des savanes), ces rats africains d’origine sauvage, apparemment sains, étant vendus comme NAC ;

– ces rats de Gambie ont joué le rôle de réservoir asymptomatique comme dans le cowpox avec le rat d’égout (ou de compagnie) en contaminant dans l’animalerie des chiens de prairie (Cynomys ludovicianus), autres rongeurs NAC autochtones de la famille des Sciuridae ;

– les chiens de prairie furent malades mais aussi les vecteurs secondaires d’une contamination humaine avec 71 cas dont plusieurs enfants ;

– les huit premiers cas humains n’ont pas été reconnus (comme ce fut le cas pour les premiers patients atteints par la nouvelle épidémie de variole du singe qui présentaient des lésions génitales) et il a fallu plus d’une semaine pour que ces cas soient signalés aux autorités de santé publique ;

– ce fut la seule importante épidémie de variole simienne observée dans un pays non africain et due à des animaux de compagnie.

La contamination d’un chien par ses propriétaires faisant partie de la communauté homosexuelle contaminée dans plus de 95 % des cas observés depuis mai 2022* dans la pandémie actuelle ajoute une nouvelle espèce sensible au MPXV.

Cet agent pathogène réémergent ne se limite plus aux régions endémiques africaines et présente le risque mondial d’occuper la niche écologique laissée vacante par la variole. Le problème sera de savoir si le MPXV s’établira plus dans un réservoir animal que dans la population humaine s’il continue à se propager.

Connaissant le grand nombre d’espèces animales sensibles à un autre orthopoxvirus zoonotique (cowpox), on ne peut exclure dans ce cas la possibilité d’autres espèces sensibles au MPXV en particulier parmi les animaux de compagnie et le risque de rongeurs porteurs asymptomatiques.

Garder les distances avec ses animaux

C’est pourquoi nous soulignerons à nouveau la recommandation de l’Académie nationale de médecine dans son communiqué du 8 juillet 2022 « d’éviter le contact entre les cas et les animaux pendant la maladie jusqu’à la chute des croûtes ».

Une épidémiosurveillance concernant le risque d’une contamination zoonotique par le MPXV de l’Homme vers l’animal ou de l’animal vers l’Homme et l’application stricte des mesures de biosécurité préconisées pendant la période d’isolement de 21 jours dans les cas humains s’avère nécessaire.

En conclusion, nous ne pouvons que reprendre celle de notre confrère Alexis Lécu, responsable du zoo de Vincennes, à propos du Sars-CoV-2 : « Les tribulations de ce virus chez l’animal nous enseignent finalement la même leçon que son apparition en 2019 : nous devons rapidement remettre de la distance avec l’animal, pour notre bien à tous »

La Dépêche Vétérinaire

15/08/2022

Le lévrier italien appartenant à un couple de gays parisiens est le premier cas rapporté d’un chien ou d’un chat domestiqué ayant attrapé le virus.

Un chien a été infecté par la variole du singe pour la première fois après avoir partagé un lit avec ses propriétaires infectés, ont déclaré des scientifiques. Il s’agit du premier cas rapporté d’un chien ou d’un chat domestiqué ayant contracté le virus, alors que ce dernier continue de se propager dans le monde entier chez les humains, principalement homosexuels à partenaires multiples.

Deux homosexuels vivant à Paris ont développé des symptômes du monkeypox au début du mois de juin et se sont rendus à l’hôpital, où leurs lésions ont été identifiées comme étant causées par la maladie. Le couple non exclusif, âgé de 44 et 27 ans, a développé des lésions douloureuses dans la région anale ainsi que sur le reste du corps une semaine après avoir eu des rapports sexuels avec d’autres hommes.”

Douze jours après que les hommes (un latino séropositif et un Blanc) se soient rendus à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris avec leurs symptômes, leur lévrier italien mâle de quatre ans, par ailleurs en bonne santé, a lui aussi développé des lésions, avec des pustules sur l’estomac et une “fine ulcération anale”. Un test PCR a révélé que le chien avait la variole du singe, et le séquençage génétique a révélé qu’il correspondait à 100 % à la souche qui avait infecté ses propriétaires, ce qui indique que le chien a attrapé le virus de ses propriétaires.

Paris, comme d’autres capitales d’Europe occidentale, dont Londres et Madrid, a été l’épicentre de l’épidémie de monkeypox dans son pays, le virus se propageant presque exclusivement par les réseaux sexuels des hommes homosexuels.

Les lésions sont elles-mêmes chargées de matériel infectieux et un contact étroit et prolongé est nécessaire pour que le virus se propage d’un individu à l’autre.
Une activité à haut risque Le contact sexuel entre personnes est un moyen, mais pas le seul, de transmission. Par exemple, des travailleurs de la santé ont déjà attrapé le virus après avoir manipulé les draps d’une personne infectée, et partager un lit sans avoir d’activité sexuelle est une activité à haut risque.

Le partage d’un lit entre un chien de compagnie et deux personnes infectées va à l’encontre des recommandations, les experts invitant les gens à se mettre en quarantaine loin de leur chien pour réduire le risque de transmission.

The Telegraph

  • ATTENTION RAPPORT MEDI-VETERINAIRE CONTENANT DES PHOTOS EXPLICITES – ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR

Preuves de la transmission du virus de la variole du singe d’homme à chien

Le virus humain de la variole du singe se propage en Europe et aux États-Unis chez des personnes qui n’ont pas voyagé dans des zones endémiques. Le 23 juillet 2022, le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré la variole du singe comme une urgence de santé publique de portée internationale. La transmission interhumaine du virus de la variole du singe se fait généralement par contact étroit avec les lésions, les liquides organiques et les gouttelettes respiratoires de personnes ou d’animaux infectés. La possibilité d’une transmission sexuelle est actuellement étudiée, car l’épidémie actuelle semble se concentrer chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et a été associée à des lésions anales et génitales inattendues. On ne sait pas si les chats et les chiens domestiques peuvent être un vecteur du virus de la variole du singe. Nous décrivons ici le premier cas d’un chien présentant une infection confirmée par le virus de la variole du singe qui pourrait avoir été acquise par transmission humaine.

Deux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes se sont présentés à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris, France, le 10 juin 2022 (annexe). L’un des hommes (appelé patient 1 par la suite) est latino, âgé de 44 ans, et vit avec le VIH avec une charge virale indétectable sous antirétroviraux ; le second homme (patient 2) est blanc, âgé de 27 ans, et séronégatif. Les hommes sont des partenaires non exclusifs vivant dans le même foyer. Ils ont tous signé un formulaire de consentement pour l’utilisation de leurs données cliniques et biologiques, et pour la publication de photographies anonymes. Les hommes avaient présenté une ulcération anale 6 jours après des rapports sexuels avec d’autres partenaires. Chez le patient 1, l’ulcération anale a été suivie d’une éruption vésiculo-pustuleuse sur le visage, les oreilles et les jambes ; chez le patient 2, sur les jambes et le dos. Dans les deux cas, l’éruption était associée à une asthénie, des maux de tête et de la fièvre 4 jours plus tard (figure A, B).

Les hommes ont déclaré dormir en commun avec leur chien. Ils avaient pris soin d’empêcher leur chien d’entrer en contact avec d’autres animaux domestiques ou des humains dès l’apparition de leurs propres symptômes (c’est-à-dire 13 jours avant que le chien ne commence à présenter des manifestations cutanées).
Dans les pays endémiques, seuls les animaux sauvages (rongeurs et primates) ont été trouvés porteurs du virus de la variole du singe. Cependant, la transmission du virus de la variole du singe chez les chiens de prairie a été décrite aux Etats-Unis7 et chez des primates captifs en Europe qui ont été en contact avec des animaux infectés importés. L’infection chez les animaux domestiques, tels que les chiens et les chats, n’a jamais été rapportée.

Dans l’état actuel de nos connaissances, la cinétique d’apparition des symptômes chez les deux patients et, par la suite, chez leur chien, suggère une transmission du virus de la variole du singe d’homme à chien. Compte tenu des lésions cutanées et muqueuses du chien ainsi que des résultats positifs de la PCR du virus du monkeypox sur les prélèvements anaux et oraux, nous émettons l’hypothèse d’une véritable maladie canine, et non d’un simple portage du virus par contact étroit avec l’homme ou par transmission aérienne (ou les deux). Nos résultats devraient susciter un débat sur la nécessité d’isoler les animaux de compagnie des individus positifs au virus du monkeypox. Nous appelons à des investigations supplémentaires sur les transmissions secondaires via les animaux de compagnie.

Nous ne déclarons pas d’intérêts concurrents. Ce travail a été soutenu par l’Agence nationale de recherche sur le VIH/sida, les hépatites et les maladies infectieuses émergentes. Nous remercions les patients et l’ensemble du personnel clinique et technique des services de maladies infectieuses et de virologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (notamment Anne-Geneviève Marcelin et Vincent Calvez) et de l’hôpital Bichat-Claude Bernard, qui ont assuré la prise en charge des patients et réalisé les explorations virologiques.

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The Lancet