Paris : Un retraité alerte sur la présence de deux Sandrine Rousseau parmi les candidats de sa circonscription, 20 heures de garde à vue pour “clameur, attroupement et menaces”

Un électeur de la 9e circonscription de Paris où s’affrontaient deux Sandrine Rousseau a tenté d’avertir les votants devant son bureau de vote. Interpellé par les gendarmes, il a passé la nuit en garde à vue pour “clameur”.

Le duel de la 9e circonscription de Paris avait pourtant fait parler de lui, opposant deux Sandrine Rousseau, l’une pour la Nupes, l’autre investie par Le Mouvement de la ruralité (LMR). Cela n’a pourtant pas suffi à de nombreux électeurs ce dimanche, qui ont confondu les deux femmes politiques.

On l’avait prévu, plusieurs personnes se sont trompé en voulant voter pour @sandrousseau! La disposition des bulletins fait que l’on voit d’abord le bulletin de la fausse S. Rousseau (LMR). Cette fausse candidature est scandaleuse, dans le but unique de troubler l’élection. pic.twitter.com/dSGlYVCe7A— THÉO \ud83d\udd4a (@theomyc) June 12, 2022

L’un de ces votants, Patrick de Haas, a bien failli se laisser surprendre. C’est au moment de choisir son bulletin que cet historien retraité s’est rendu compte de la confusion. Car le premier bulletin disposé sur la table du bureau de vote n°13, sans photo, n’est pas celui de la candidate de la Nupes.

“Les bulletins de la candidate de la Nupes se trouvaient à l’autre bout de la table et j’ai été abusé par cette disposition. Il était évident que des votants allaient se tromper et prendre le premier bulletin au nom de Sandrine Rousseau sans réaliser qu’il s’agissait de la candidate investie par le Mouvement de la ruralité”, s’insurge-t-il auprès de nos confrères.

“Clameurs, attroupement et menaces”

Par civisme, et aussi parce qu’une signalétique particulière ne pouvait être installée sous peine d’irrégularité dans le vote, le retraité a donc tenté de prévenir les électeurs en se plaçant devant le bureau de sa circonscription.

“Je ne suis pas militant politique, je n’ai, à aucun moment, dit à quiconque quoi faire ou comment voter. Tout se passait dans le plus grand calme. J’avais le sentiment d’accomplir un devoir citoyen en avertissant les autres de la situation”, s’est-il défendu.

Après une première altercation avec les gendarmes qui lui intiment de se déplacer, ces derniers reviennent à la charge et finissent par l’interpeller. Patrick de Haas est alors placé en garde à vue pour “clameurs, attroupement et menaces”. Il y passe la nuit.

Le lendemain, le retraité est entendu par un officier de police judiciaire, qui décide de ne retenir que les faits de “clameur”.

France Info