Pays-Bas : la prestigieuse organisation de photojournalisme WWP, accusée de «racisme institutionnel» pour avoir nommé un directeur blanc

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Le World Press Photo, prestigieuse organisation de photojournalisme basée à Amsterdam, est accusée par certains de ses collaborateurs de «racisme institutionnel». Un cliché sur lequel apparaît le nouveau conseil de surveillance, intégralement blanc, suscite la colère de nombreux photojournalistes.

La nomination d’Arnoud van Dommele, le nouveau directeur général de cette structure à but non-lucratif, a fait déborder le vase. Son annonce le 11 juin était accompagnée d’une photo sur laquelle apparaît le conseil de surveillance ainsi remanié. Le cliché n’a pas manqué de susciter une vive polémique, les sept membres de l’instance dirigeante étant blancs.

Dans un communiqué, l’organisation affirme pourtant s’inscrire dans une «démarche d’ouverture» et faire de «la justesse, la diversité et la transparence» ses valeurs cardinales. La 27e édition de l’une de ses «masterclass» a réuni 24 photographes originaires de 20 pays. World Press Photo a aussi annoncé la formation d’un comité consultatif composé de 12 «experts mondiaux», qui formuleront des «recommandations stratégiques» à l’intention du conseil de surveillance. Il devrait voir le jour d’ici la fin de l’année.

«Problème systémique»

Rien n’y fait : malgré ces initiatives, des photographes fustigent précisément l’absence d’ouverture caractérisant l’organisation, comme le rapporte The Art Newspaper . Le photojournaliste David Vaaknin dénonce un «problème systémique» chez WPP. «Pourquoi nous étonnons-nous encore qu’ils n’aient pas renoncé à leurs mauvaises pratiques ?,s’interroge-t-il. Il n’existe aucun signe montrant qu’ils procèdent à des changements. Ce sont tout au plus des effets d’annonce».

Chirag Wakaskar, un photojournaliste indien, estime que «des organisations comme WPP refusent d’affronter la réalité, qui est qu’elles souscrivent au suprémacisme blanc et qu’elles ont prospéré grâce à des systèmes patriarcaux»Il déplore la nomination de Arnoud van Dommele : «il ne s’agit que d’un homme blanc en remplaçant un autre».

Débat éthique

Ces critiques interviennent alors qu’un débat agite les cercles du photojournalisme, autour de l’éthique d’un modèle consistant à parachuter des correspondants étrangers – occidentaux pour la plupart – dans des pays du tiers-monde et des zones de conflit.

Dans un communiqué, WPP fait amende honorable. «Il est crucial de promouvoir la diversité, et nous comprenons les critiques dont notre institution fait l’objet, y est-il écrit. Ces dernières années, nous avons pris des mesures pour gagner en inclusion et en représentativité. Nous savons qu’il reste du chemin à parcourir pour diversifier nos effectifs. Cela prendra du temps, mais nous nous y engageons».

Le Figaro

4 Commentaires

  1. Un directeur noir d une entreprise blanche serait une aberration
    Ces cons de gauchiasses n ont pas médité sur l expérience du Zimbabwe

  2. Les blancs ont inventé l’imprimerie et la photo avant les noirs.
    C’est très raciste.

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