Pays-Bas : Nouvelles manifestation d’agriculteurs contre le projet de loi visant à réduire de 30% le nombre de têtes de bétail “pour préserver le climat”

Depuis plusieurs semaines, des milliers d’agriculteurs protestent contre un projet gouvernemental qui vise à réduire de 30% le nombre de têtes de bétail pour préserver le climat.

La vive opposition des agriculteurs néerlandais à un plan gouvernemental pour l’environnement reçoit un soutien croissant depuis l’étranger, notamment de la part de l’ancien président américain Donald Trump et de populistes se joignant à leur cause. « On prend tout le soutien que l’on nous donne », lâche Jaap Kok, un éleveur de 62 ans dans le centre des Pays-Bas.

Des agriculteurs aspergent la police de fumier et de foin tout en protestant contre le projet du gouvernement de réduire de moitié les émissions d’oxyde d’azote d’ici 2030.

La colère dans les campagnes ne faiblit pas, après plusieurs semaines d’actions contre un plan du gouvernement destiné à réduire considérablement les émissions d’azote du secteur, comprenant une diminution d’au moins 30 % du cheptel. Les agriculteurs estiment que La Haye sacrifie l’agriculture sur l’autel du climat, un sentiment qui a encouragé des milliers d’entre eux à manifester à bord de leurs tracteurs. Certains ont même bloqué des autoroutes, y ont déversé du fumier et des ordures, incendié des bottes de paille et se sont rendus aux domiciles de politiciens.

« J’aurais préféré que le soutien vienne de la gauche, mais de la droite, c’est bien aussi », estime l’éleveur néerlandais de veaux de boucherie, dont la ferme, située dans l’une des régions d’agriculture intensive ciblées par le gouvernement, risque de devoir fermer. « Les agriculteurs sont toujours le bouc émissaire », ajoute Jaap Kok, qui, il y a 20 ans, a volontairement déplacé sa ferme qui se trouvait dans une zone où il ne pouvait pas la développer à cause du manque de place.

La Haye veut débloquer 25 milliards d’euros d’ici à 2035 pour aider le secteur agricole à considérablement réduire ses émissions d’azote, un gaz à effet de serre émis notamment par les engrais et les effluents d’élevage, endommageant l’environnement et des milieux naturels. Le gouvernement, qui vise à baisser de 50 % les émissions d’azote d’ici à 2030, a prévenu que des expropriations ne sont pas à exclure, une mesure très sensible.

« Les agriculteurs sont très en colère », « on joue avec eux », a déclaré Jos Ubels, vice-président du groupe Farmers Defence Force [FDF, force de défense des fermiers, NDLR]. En tant que minorité, ils doivent « crier très fort pour se faire entendre, c’est donc ce que nous faisons », explique le fermier en précisant que son groupe n’est pas responsable des actions sur les autoroutes.