Pékin loue sa défense “éclatante” des droits de l’homme

Le développement socio-économique au Xinjiang et au Tibet constitue un “exemple éclatant” des progrès de la Chine en matière de droits de l’Homme, a affirmé lundi Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, en dépit de nombreuses dénonciations des méthodes expéditives de Pékin. Ses propos interviennent dans un contexte de critiques croissantes de pays occidentaux, Etats-Unis en tête, vis-à-vis du traitement par Pékin de la minorité musulmane des Ouïghours dans la région du Xinjiang (nord-ouest de la Chine).

Des drapeaux chinois le long d’une route menant à un centre de rééducation politique où seraient détenus des musulmans ouïghours, le 31 mai 2019 près de Hotan, dans le Xinjiang. Photo AFP/Archives

Wang Yi s’exprimait quelques heures avant son intervention devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU (CDH), par visioconférence. Selon des études d’instituts américains et australien, au moins un million de Ouïghours ont été internés dans des “camps” du Xinjiang et certains ont été soumis à du “travail forcé” ou à des “stérilisations forcées”.

La Chine dément catégoriquement les deux dernières accusations et affirme que les “camps” sont des “centres de formation professionnelle” destinés à éloigner la population de l’extrémisme religieux et du séparatisme, après de nombreux attentats meurtriers commis contre des civils par des Ouïghours.

“Nous pensons que les droits à la subsistance et au développement sont des droits de l’homme fondamentaux d’une importance primordiale”, a déclaré lundi Wang Yi pendant un forum à Pékin consacré aux relations sino-américaines. “Nous avons éliminé l’extrême pauvreté pour la première fois (…) Des endroits habités par des minorités ethniques, comme le Xinjiang et le Tibet, se sont révélés être des exemples éclatants des progrès de la Chine en matière de droits de l’homme.” Selon Wang Yi, en une soixantaine d’années le PIB par habitant au Xinjiang a été multiplié par près de 40 et l’espérance de vie y a grimpé de 30 à 72 ans.

“Une vie sûre et heureuse”

“Grâce aux efforts de la population locale issue de tous les groupes ethniques, il n’y a pas eu de cas de terrorisme violent au Xinjiang pendant plus de quatre années consécutives. (…) La population locale mène une vie sûre et heureuse”, a déclaré le ministre, dans son message vidéo pré-enregistré diffusé devant le CDH, organisé en ligne en raison de la pandémie de Covid-19. Le département d’Etat américain a de son côté qualifié le traitement des Ouïghours de “génocide”.

“De telles accusations incendiaires découlent de l’ignorance et des préjugés. Elles sont simplement malveillantes et politiquement motivées”, a assuré Wang Yi devant le CDH. “Il n’y a jamais eu de génocide, de travail forcé ou d’oppression religieuse au Xinjiang”, a-t-il insisté, assurant que les portes du Xinjiang “restent toujours ouvertes”, y compris à la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Michelle Bachelet.

Pékin a invité à plusieurs reprises Mme Bachelet à visiter le Xinjiang, mais la responsable onusienne demande un “accès total” et sans entrave à la région. Pékin est par ailleurs accusé par des organisations internationales de défense des droits de l’homme de réprimer la religion, la culture et toute tentative de séparatisme au Tibet (sud-ouest de la Chine).

Le gouvernement chinois dit protéger la liberté de culte dans cette région et y avoir énormément investi pour la moderniser et y augmenter le niveau de vie. La Chine a également fait l’objet de vives critiques internationales après avoir imposé à Kong Kong la loi sur la sécurité nationale qui a contribué à museler de nombreuses figures de l’opposition hongkongaise. Wang Yi a assuré devant le Conseil que cette loi “a permis de combler un vide juridique de longue date” sur l’île en matière de sécurité nationale.

L’Orient-Le Jour