Petits entrepreneurs et jeunes migrants : «Je ne pensais pas qu’en France un patron pouvait faire ça pour nous»

«En France, l’administration et la politique, c’est compliqué» Sadio Traoré, 22 ans et Fabrice Dugué, maçons au Mans (Sarthe)

L’histoire du boulanger qui s’est battu contre l’expulsion de son apprenti guinéen a mis en lumière nombre de cas similaires. Ces dirigeants de PME se mobilisent pour que soit offerte à ces jeunes la garantie de pouvoir finir leur formation en France, même une fois devenus majeurs.

Quand Fabrice Dugué a annoncé à ses employés qu’ils allaient accueillir Sadio Traoré, un exilé malien en apprentissage, certains jeunes de l’entreprise de maçonnerie ont tiqué. Dans la Sarthe, on est plus souvent confronté aux migrants à la télé que dans la vraie vie.

«Ils avaient des a priori sur les migrants, des mauvais jugements sur le sujet. Même chez nous, en campagne, le racisme devient pire qu’avant, on revient en arrière sur plein de choses et ce n’est pas normal», se désole Maryse Dugué, sa femme. Petit à petit, ils apprennent à se connaître.

«Le corps de Sadio est abîmé par les barbelés, il a des cicatrices, ça fait partie de son histoire. Quand les gars se changent après le boulot, ils voient ces blessures, ça les interpelle. Ils se demandent comment il s’est fait ça et forcément, ça prend aux tripes», poursuit-elle. […]

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