Pologne : L’UE refuse de verser des subventions à six municipalités qui s’opposent à l’idéologie LGBT

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Six villes polonaises n’ont pas été retenues pour des subventions dans le cadre d’un programme de jumelage à cause de leur attitude à l’encontre de la communauté LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes), a annoncé mercredi la commissaire européenne à l’Égalité Helena Dalli.

Les valeurs de l’UE et les droits fondamentaux doivent être respectés par les États membres et les autorités publiques. C’est pourquoi six candidatures au programme de jumelage impliquant des autorités polonaises qui ont adopté des résolutions sur des ‘zones libres de toute idéologie LGBTI’ ou ‘droits de la famille’ ont été rejetées“, a écrit la Maltaise mardi sur Twitter.

Ces municipalités avaient postulé pour obtenir une subvention, comprise entre 5000 et 25.000 euros, dans le cadre du programme de jumelage entre villes européennes du projet “L’Europe pour les citoyens“.

Ce programme géré par l’EACEA (Agence Exécutive Education, Audiovisuel et Culture) vise à stimuler la participation civique et le débat sur les politiques de l’Union.

La liste des villes et projets sélectionnés a été publiée mardi matin et compte 127 dossiers, recevant une aide maximale de 25.000 euros, pour un montant total de plus de 2,3 millions d’euros. Elle comprend notamment huit bénéficiaires polonais. Les noms des municipalités écartées ne sont pas connus.

Début juillet, l’EACEA avait demandé des “clarifications” à huit candidats polonais “qui avaient adopté des résolutions ‘LGBTI’ ou ‘Droits de la famille’ de nature discriminatoire“, a expliqué mercredi un porte-parole de la Commission. “L’appel à proposition pour le programme de jumelage stipule qu’il doit être accessible à tous les citoyens européens sans aucune forme de discrimination sur la base du genre, de l’origine ethnique, de la religion ou des croyances, du handicap, de l’âge ou de l’orientation sexuelle“, a-t-il précisé.

L’agence a reçu sept réponses, et six dossiers “ont été rejetés parce que la réponse donnée par le représentant légal du projet ne donnait pas au comité d’évaluation une assurance suffisante que le projet serait conforme” aux objectifs du programme, “en particulier l’égalité d’accès et la non-discrimination“.

La Pologne a réagi avec colère mercredi. Son ministre de la Justice Zbigniew Ziobro a estimé lors d’une conférence de presse qu'”au vu de telles actions et pressions illégales de la part de la Commission européenne, c’est du devoir du gouvernement polonais de défendre les autorités locales“. “Nous allons défendre l’État de droit“, a même osé le ministre, appelant le Premier ministre Mateusz Morawiecki à faire quelque chose.

La Pologne, mise sur la sellette européenne via une procédure “article 7” pour risques de violations répétées du principe de l’État de droit, compte des dizaines de localités (plus de 50) qui ont adopté des résolutions “contre l’idéologie LGBT“. Près de 40 autres ont adopté la “charte des droits des familles“, qui parle entre autres de “protéger l’identité du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme” et de “protéger les enfants contre la corruption morale“.

RTBF

4 Commentaires

  1. Communiqué de Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon :

    Suite à ma lettre ouverte envoyée aux députés et sénateurs de Vaucluse ainsi qu’à la presse locale lundi dans la journée, dans la nuit de lundi à mardi deux tags ont été écrits sur les murs de l’ancienne cathédrale de Vaison-la-Romaine – « vaut mieux une paire de mères qu’un père de merde ». Comment ne pas y voir une référence au troisième paragraphe de ma lettre :

    « Si cette loi passe, une femme pourra donner un de ses ovocytes fécondés à sa compagne, il sera implanté dans son utérus pour qu’elles soient toutes les deux mères, gommant toute référence à l’importance d’un père et d’une vraie paternité pour la croissance et la vie d’un enfant. »

    J’ai déposé plainte pour ces tags apposés sur les murs de l’ancienne cathédrale “Notre-Dame de Nazareth” de Vaison-la-Romaine et pour dégradation d’un lieu de culte, le maire de Vaison a également porté plainte.

    Nous vivons dans un monde où l’Église catholique est sans cesse l’objet de dégradations ou de vols ou d’incendies sans de vraies réactions de la société. De plus, la liberté d’expression n’a plus droit de cité face à des groupuscules qui s’en prennent aux lieux mémoires de nos racines chrétiennes. Enfin, contester un projet de loi de bioéthique proposé au parlement durant le début des vacances, soulève toujours des réactions de violence de la part de ceux qui doivent faire partie du lobby minoritaire à la source de cette loi.
    + Jean-Pierre Cattenoz

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