Pont-à-Mousson (54) : Le CFA accompagne des migrants mineurs sur la voie de l’apprentissage, « ils sont venus ici pour avoir un diplôme, travailler en France et y rester »

Le dispositif prépa-apprentissage, lancé en 2019, permet d’accompagner des jeunes en recherche de contrat d’apprentissage. Quatre parcours existent, dont celui consacré aux jeunes migrants. Au CFA de Pont-à-Mousson, huit d’entre eux se familiarisent avec les métiers du bâtiment.

Kissima, Thierno et Mamadou-Salifou écoutent les conseils de Nicolas, professeur de plomberie avec lequel ils passent une journée découverte du métier. Ces trois jeunes, âgés de 16 et 17 ans, sont originaires du Mali pour le premier et de Guinée pour les deux autres. Arrivés en France il y a un ou deux ans, ils ont pour point commun d’avoir fui le chaos de leur pays, seul. « Je suis venu ici pour avoir un diplôme, travailler en France et y rester », souligne Kissima. « Mon but est de signer un contrat d’apprentissage et de faire ma vie ici », ajoute Thierno. « Un diplôme est égal à un travail », insiste Mamadou-Salifou.

En attendant de toucher du doigt leur rêve, les garçons ne ménagent pas leur peine. « Ce sont des bosseurs, ils sont motivés et très volontaires », reconnaît Abbes Djanti, adjoint de direction au CFA et référent régional du dispositif prépa-apprentissage. « C’est un dispositif d’accompagnement des jeunes en recherche de contrat d’apprentissage. Il existe quatre parcours : un pour les jeunes qui n’ont pas de projets bien définis, un autre pour ceux qui ont eu une rupture de contrat et souhaitent en retrouver un, un pour ceux qui veulent se réorienter en cours d’année et le dernier pour les jeunes migrants. Il leur permet d’obtenir les savoirs nécessaires pour intégrer une formation en apprentissage ».

Huit migrants accueillis six mois

Le CFA de Pont-à-Mousson fait partie des 150 établissements en France à avoir mis en place ce dispositif, expérimental jusqu’à fin 2022. « Nous sommes le seul CFA en Lorraine à accueillir des jeunes migrants voulant s’orienter vers les métiers du bâtiment », précise Abbes Djanti.

Huit jeunes sont inscrits dans ce parcours de six mois. « Ils sont mineurs, donc sous la protection du conseil départemental. Ils sont en alternance CFA-entreprise. Dix-huit semaines chez nous, le reste en entreprise. Ils ont un cursus à suivre ici avec des cours de langues, des mathématiques… Pendant deux mois, ils découvrent tous les métiers et vont ensuite dans le parcours choisi. À partir de septembre, ils intégreront la formation normale en contrat d’apprentissage ».

Sur les huit migrants, six ont déjà trouvé des contrats dans des entreprises, les deux autres sont en cours de finalisation. De quoi satisfaire les équipes du CFA. « Cela va permettre de régulariser leur situation, de demander un titre de séjour et une autorisation de travail. Avec ce dispositif nous sommes pleinement dans notre mission d’accompagnement social ».

L’Est-Républicain