Pour Christophe Euzet (Député LRM) : « L’accent, est le dernier bastion de la discrimination »

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S’appuyant sur certaines moqueries visant le premier ministre, Christophe Euzet, député (LRM) de l’Hérault souligne que les remarques liées à l’accent s’apparentent à une forme de racisme et rappelle sa proposition de loi pour les inscrire explicitement parmi les discriminations passibles de sanctions.

Estival : « J’adore l’accent de Jean Castex, j’ai l’impression d’être en vacances ». Poétique : « Ce qui surprend dans ce paysage politique, c’est son accent rocailleux (…), il a dans la bouche les cailloux du Canigou qui surplombe la ville de Prades ». Sportif : « Un accent rocailleux, genre troisième mi-temps de rugby qui affirme bien le style terroir ». Incrédule : « Sacré accent du Sud ». Dramatique : « Accent terrible ». Grossier : « Oh putain, cet accent ». Ironique : « Fort accent, piting kong ». Gastronomique : « Il a le même accent que Maïté ». Météorologique : « Du soleil dans la voix ». Inquiet : « C’est chelou un ministre avec l’accent »

Voilà un florilège de quelques-unes des remarques en réaction à la nomination de Jean Castex au poste de premier ministre. Il semblerait, à la lecture de ces très nombreux commentaires sur les réseaux sociaux, que l’accent soit à notre nouveau premier ministre ce que le nez était à Cyrano de Bergerac : un objet d’étonnement et de raillerie pour les autres, une malédiction pour lui car il obère sa vraie nature.

Chacun, journaliste connu(e), femme ou homme politique de premier plan, comme simple anonyme, y est allé de sa glose, faisant passer un énarque à la syntaxe parfaite, haut fonctionnaire, homme politique, et enfin premier ministre, pour un sujet d’amusement voire de moquerie sur la foi de quelques intonations, qui plus est légères.

Même Mélenchon

Même Jean-Luc Mélenchon, pourtant député de Marseille, a fait ce commentaire sur BFM-TV à propos de Jean Castex : « C’est assez pénible à supporter parce que les mots poussent entre les arbres et les arbres entre les mots. Il est là, il parle à deux à l’heure pour dire des banalités. »

Le même Jean-Luc Mélenchon, en octobre 2018, s’était déjà laissé aller à railler l’accent de la journaliste toulousaine de France 3, Véronique Gaurel, qui l’interrogeait à l’Assemblée nationale, au lendemain des perquisitions à son domicile et au siège de la France insoumise, lui lançant même : « Est-ce que quelqu’un peut me poser une question en français et à peu près compréhensible ? ». […]

Le Monde