Pour les jeunes afro-américains, l’activisme est aussi une source de stress

Selon une étude, militer contre le racisme n’est pas sans risque pour la santé mentale.

Selon une étude, militer contre le racisme n’est pas sans risque pour la santé mentale. Les jeunes afro-américains interrogés dans le cadre de cette enquête confient en effet ressentir une détresse liée directement à leur activisme pour lutter contre le racisme, dont ils sont pourtant victimes.

On connaît le phénomène d’écoanxiété, qui touche particulièrement les jeunes et qui désigne un sentiment d’impuissance et de profonde détresse lié à la crise climatique. Mais si l’on se réfère à cette recherche réalisée par des chercheuses de l’université d’État de Caroline du Nord, ce mal-être psychologique s’illustrerait également dans la lutte contre le racisme. Et, là encore, il toucherait surtout les jeunes.

“Y a-t-il un prix associé à la lutte contre le racisme ?”, interroge la chercheuse Elan Hope, qui a dirigé l’étude. “Nous voulions mieux comprendre le rôle que l’engagement dans l’activisme peut jouer dans ce stress”, ajoute-t-elle dans un communiqué.

Pour tenter de répondre à cette question, l’équipe de chercheuses s’est entretenue avec 443 adolescents (âgés de 14 à 17 ans) et de 447 adultes (âgés de 18 à 29 ans) afro-américains. Les questions ont porté dans un premier temps sur la fréquence et la nature des discriminations racistes qu’ils subissent au quotidien, ainsi que sur le stress physiologique et psychologique ressenti.

L’étude a par ailleurs pris en compte le degré d’activisme des participants. Par exemple le fait de porter un tee-shirt “Black Lives Matter” ou des activités plus engageantes et risquées, comme participer à des manifestations.

“Chez les jeunes adultes, nous avons constaté que plus les participants faisaient état d’un stress physiologique lié au racisme, plus ils étaient susceptibles de s’engager dans des activités à haut risque, comme la participation à des manifestations”, explique Vanessa Volpe, co-autrice de l’étude et professeure adjointe de psychologie à l’université d’État de Caroline du Nord.

Les adolescents et les jeunes adultes ont également mentionné une relation entre le stress psychologique lié au racisme et l’engagement dans un activisme à faible risque. Par exemple, le fait de confronter quelqu’un qui fait une blague raciste. L’association entre cette forme d’activisme et le stress était plus marquée chez les jeunes adultes que chez les adolescents, note l’étude.

“Pour soutenir les jeunes, il est important de les aider à traiter le stress associé au racisme et au militantisme antiraciste. Si les jeunes cherchent à apporter des changements dans leurs communautés, ils doivent également prêter attention à l’impact de leur militantisme sur leur propre santé mentale et physique. Nos résultats montrent que ces relations peuvent être différentes lorsque les gens passent de l’adolescence au jeune âge adulte”, alerte Elan Hope.

LA DEPECHE