« Pour plus d’Afrique dans le football francilien »

À travers le projet Football Uni, Sylvère-Henry Cissé et Thierry Mercier convoquent la grande et la petite histoire dans la Ligue de football d’Île-de-France. Pour comprendre l’intérêt de faire émerger l’Afrique dans les instances de la Ligue Paris Île-de-France, il faut bien sûr observer le nombre de licenciés franciliens d’origine africaine mais aussi plonger dans l’histoire même du ballon rond et de sa relation avec l’Afrique dans la région.

Il faut en effet rappeler que le premier joueur noir de l’Équipe de France a évolué au Racing Club de Paris puis de France. Il s’appelait Raoul Diagne et était le fils du député Blaise Diagne qui avait assuré pour le président Clemenceau le recrutement des tirailleurs sénégalais lors de la Première Guerre mondiale. Raoul Diagne avait été l’auteur des premiers buts du Racing Club de France en championnat professionnel en 1931.

Au cas de Raoul Diagne, il faut ajouter celui de Joseph Mercier, professeur de football à l’Institut national des sports, ancêtre de l’actuel Insep. Il se trouve que, dans les années 1950-1960, Joseph Mercier a parcouru l’Afrique en long et en large pour former de nombreux éducateurs africains du football.

Pour comprendre l’intérêt de faire émerger l’Afrique dans les instances de la Ligue Paris Île-de-France, il faut bien sûr observer le nombre de licenciés franciliens d’origine africaine mais aussi plonger dans l’histoire même du ballon rond et de sa relation avec l’Afrique dans la région. Il faut en effet rappeler que le premier joueur noir de l’Équipe de France a évolué au Racing Club de Paris puis de France.

Il s’appelait Raoul Diagne et était le fils du député Blaise Diagne qui avait assuré pour le président Clemenceau le recrutement des tirailleurs sénégalais lors de la Première Guerre mondiale. Raoul Diagne avait été l’auteur des premiers buts du Racing Club de France en championnat professionnel en 1931. Au cas de Raoul Diagne, il faut ajouter celui de Joseph Mercier, professeur de football à l’Institut national des sports, ancêtre de l’actuel Insep. Il se trouve que, dans les années 1950-1960, Joseph Mercier a parcouru l’Afrique en long et en large pour former de nombreux éducateurs africains du football.

Le député Blaise Diagne du Sénégal, père de Raoul Diagne, premier joueur noir de l’Équipe de France

Là où la grande Histoire rencontre la petite, c’est que le petit-neveu de Raoul Diagne, Sylvère-Henry Cissé, par ailleurs ex-journaliste sportif et président du club Sport et Démocratie, ainsi que le fils de Joseph Mercier, Thierry, joueur, entraîneur et acteur engagé du football fédéral, se proposent de réveiller ce lien avec l’Afrique. Ensemble, ils veulent apporter à la Ligue Paris Île-de-France de football (LPIFF) un projet qui fait de l’Afrique un partenaire à part entière. Son nom : Football Uni. Avec des racines françaises, il se veut aussi transnational puisqu’il est également porté sur le continent. Au Point Afrique, Sylvère-Henry Cissé en a expliqué la quintessence à l’aune de la volonté de multiplier les axes de coopération entre, d’une part, la France et ses régions, et, d’autre part, l’Afrique.

Le Point Afrique : Est-ce pour raviver le souvenir de votre grand-oncle Raoul Diagne, fils du député Blaise Diagne, premier joueur noir sélectionné en Équipe de France en 1931 et surtout membre de la première équipe du Racing Club de Paris à avoir disputé le Championnat de France, que vous souhaitez vous engager au sein de la Ligue Paris Île-de-France de football et promouvoir les relations avec l’Afrique ?

Sylvère-Henry Cissé : Effectivement, la filiation avec mon grand-oncle a participé à ma décision de m’engager aux côtés de Thierry Mercier pour la candidature au comité directeur de la Ligue Paris Île-de-France de football. Raoul et, plus encore, son père Blaise Diagne sont des totems de fierté et de reconnaissance dans notre famille. Leurs histoires respectives enrobent les trajectoires communes empruntées par le Sénégal et la France.

Raoul Diagne, premier joueur noir de l’Équipe de France et entraîneur de l’Équipe nationale du Sénégal aux Jeux de l’Amitié en 1963 à Dakar

Ces deux figures patrimoniales appartiennent aux deux pays. Blaise Diagne, député du Sénégal à l’Assemblée nationale, avait été la première en 1918 avec la fameuse Mission de recrutement de 77.000 tirailleurs. Raoul lui a succédé en quelque sorte. Premier joueur noir en équipe de France en 1931 qui a porté 18 fois le maillot tricolore, il fut le premier sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal en 1960 dans la vague des indépendances. À la tête de la première équipe ancêtre des Lions de la Téranga, il a gagné le premier titre majeur du football sénégalais en 1963 en enlevant la Coupe de football des Jeux de l’Amitié.

Ces deux hommes sont à l’image des ponts que nous voulons établir entre le continent africain et la région Île-de-France. Alors, quand Thierry Mercier m’a proposé d’être numéro 2 sur la liste Football Uni et d’être président délégué de la Ligue Paris Île-de-France de football (LPIFF), j’ai demandé, à l’aune de mon histoire personnelle et de ma relation au quotidien avec l’Afrique, d’être en charge des relations internationales en cas de victoire. Thierry Mercier a tout de suite accepté, en saisissant immédiatement la portée symbolique du projet.

C’est-à-dire ?

Thierry Mercier l’a compris dans la seconde, car il a une relation particulière avec le continent et il la doit à son père. Dès le début des années 50, son père, Joseph Mercier, a voyagé en Afrique pour partager sa passion du football. Togo, Sénégal, Tchad, Haute-Volta (actuel Burkina Faso), Côte d’Ivoire, Tunisie, Algérie, Maroc, celui qui était surnommé Vevette sur le continent a bourlingué pour former les futurs cadres du football africain. Thierry m’a raconté qu’il voyait son père partir 2, 4, voire 6 semaines selon les années pour transmettre son expérience.

Et dans les années 1960, les éducateurs africains venaient se former à I’Institut national des sports, ancêtre de l’Insep, où son père était prof de football. Mais surtout, Thierry Mercier me raconte qu’enfant, il croisait souvent Raoul Diagne dans son bureau de la LPIFF, où il accompagnait son père. https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01582271/src/kfqm3m/zone/1/showtitle/1/

Nous avons partagé avec Thierry Mercier sur l’engagement de son père pour le continent, dont il porte l’héritage. Il conserve des souvenirs formidables de ses échanges avec les techniciens de tous les pays qu’il a visités et notamment l’Algérie. Il faut vraiment le voir avec ses amis Nordine Kourichi et Abdel Djaadoui. C’est un moment d’anthologie de le voir parler football avec les deux anciens internationaux et sélectionneurs des Fennecs. Voilà qui illustre combien nous sommes connectés au continent. Les racines africaines sont en quelque sorte en nous dans le projet de la liste Football Uni qui compte dans ses rangs Sarah Boudaoud, internationale algérienne qui évolue dans la première division française, mais aussi Éric Fabre, qui fait un travail exceptionnel à la tête de l’équipe des Blacks Stars International et qui travaillera aussi sur le dossier Afrique si nous sommes élus.