Pourquoi Jean-Luc Mélenchon ne se représente pas aux législatives

Le leader de LFI a annoncé au 20 heures de France 2 qu’il ne serait «vraisemblablement pas» candidat sous la bannière de l’union de la gauche. Parce que ce n’est pas nécessaire pour être Premier ministre, a-t-il dit. Mais s’il échouait ? Retour dans son bureau fin avril, où il expliquait pourquoi.

Une surprise ou une confirmation ? Vendredi soir, Jean-Luc Mélenchon s’est pointé au 20 heures de France 2 pour causer de son coup : l’union de la gauche sous la bannière de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Son cas personnel a également été abordé. Alors, candidat à sa réélection aux législatives ? La question est en l’air depuis des jours. Sa réponse : il ne sera «vraisemblablement pas» candidat.

Six premiers ministres sur vingt-quatre ne l’étaient pas (candidat, NDLR). Et d’ailleurs le dernier. Monsieur Castex : il avait une légitimité populaire parce qu’il est maire de Prades. Il avait eu 1000 voix pour ça, analyse le député sortant de Marseille. Moi, j’en ai eu 7,7 millions il y a tantôt un mois. On peut penser que j’ai une légitimité populaire suffisante pour pouvoir dignement représenter le pays.»

Pourquoi arrêter ? Nous avons déjà eu cette discussion dans son bureau à la fin du mois d’avril. Jean-Luc Mélenchon nous lâche alors entre deux phrases : «Je monte cette grande alliance mais ils ne savent pas encore que je ne serais pas avec eux à l’Assemblée.» On écarquille les yeux, surpris. «Ce n’est pas encore certain mais je ne me vois pas faire un mandat de plus de député.» […]

Invité du 20h de France 2, le leader insoumis, qui brigue Matignon, considère que sa présence sur les bulletins de vote n’était «pas nécessaire».

C’est presque un non. À cinq semaines des élections législatives et alors que Jean-Luc Mélenchon a lancé entre les deux tours de la présidentielle sa campagne pour être premier ministre, l’Insoumis a annoncé vendredi soir qu’il ne sera «vraisemblablement» pas candidat au scrutin de juin, qui aura lieu les 12 et 19 juin. Invité du 20h de France 2, le leader insoumis a considéré que sa présence sur les bulletins de vote «n’était pas nécessaire».

Après la troisième place obtenue par Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, récoltant 21,95% des voix, la France Insoumise et les autres formations de gauche, dont le PS, EELV et le PCF – ont durement négocié ces derniers jours tant sur les points programmatiques que sur la répartition des circonscriptions pour aboutir à un accord électoral. Jeudi soir, le Conseil national des socialistes a validé ce dernier, finalisant l’entente scellée entre les différentes formations. «C’est un réflexe de rassemblement face à un épisode annoncé de maltraitance sociale aggravée. (…). Nous eussions été en dessous de la main si on avait simplement continué les cortèges habituels. C’est un accord électoral. Quand on a commencé à discuter, on s’est rendu que nous n’étions pas conformes à la caricature que nous avions les uns des autres», pointe Jean-Luc Mélenchon.

Alors que le dépôt des listes doit intervenir le 20 mai au plus tard, la gauche s’est donc précipitée et rangée derrière la France Insoumise, nouvelle force motrice de ce camp-là. «Dans les autres pays d’Europe, ils font des élections législatives et après ils cherchent une coalition, ça leur prend huit mois, nous c’est après l’élection présidentielle à toute vitesse, il a fallu régler en treize jours ce qui était des sources de conflits depuis dix ans», explique celui qui fut trois fois candidat à la présidentielle. Lequel annonce qu’en dépit de la coalition de la «Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale», «chacun (aura) son groupe (dans la prochaine législature, NDLR), sinon ça ne marchera pas.» Et d’ajouter que la future coalition «aura un groupe et des intergroupes. De même (qu’elle aura) un parlement politique commun en dehors de la structure institutionnelle.»

Libération