Pradines (46) : Un groupe inattendu de “migrants sans avenir” commémorent le 11 Novembre avec la Fondation des apprentis d’Auteuil

A Pradines, lors de la cérémonie du 11 Novembre, de jeunes migrants ont participé à la commémoration au monument aux morts. La Dépêche les a rencontrés pour comprendre leur parcours d’intégration.

Ils s’appellent Saad, Rifat, Abusufian, Mohamed… Sont originaires du Pakistan, du Bangladesh, de Libye… Ils sont MNA, c’est-à-dire mineurs non accompagnés et ils ont parfois traversé bien des épreuves avant d’arriver dans le Lot.

Jean-Pierre Sauvageot, directeur de l’antenne lotoise des Apprentis d’Auteuil basée à Montcuq, qui accueille environ 80 jeunes en difficulté, a reçu la Dépêche au Foyer de la Providence, à Pradines. Une immersion dans une structure qui œuvre au quotidien pour offrir à ces jeunes un avenir que les diverses difficultés rencontrées dans leur pays d’origine ne peuvent leur offrir.”

C’était plutôt inattendu de voir ce groupe de jeunes migrants à la commémoration du 11 novembre…

Leur présence à la cérémonie fait partie du programme éducatif à la citoyenneté que nous mettons en œuvre. Nous essayons en effet de leur permettre un accès à notre culture ; en les initiant à l’histoire et aux coutumes de la France pour mieux la comprendre et apprendre à l’aimer !

Comment se passe l’accueil de ces jeunes ?

En règle générale, il y a une période d’intégration qui passe toujours par Montcuq, avec deux priorités : l’apprentissage du Français et une formation pratique à l’autonomie dans la vie quotidienne. C’est une vie d’internat avec une forte présence éducative durant environ 6 mois. Ensuite les jeunes sont logés dans divers endroits selon leurs lieux d’apprentissage. Pradines constitue le 2e palier entre internat et vie active. À ce stade, ils doivent gérer un budget mensuel, faire leurs courses tout sachant que cinq éducateurs sont disponibles pour les soutenir.

Quel est le rôle de la Fondation des apprentis d’Auteuil ?

Notre fondation a fait partie des précurseurs. Opérateur national sur le champ de la protection de l’enfance, Les Apprentis d’Auteuil ont développé une compétence particulière sur nombre d’établissements quant à la prise en charges des mineurs non accompagnés (MNA) en matière de protection de l’enfance. Ces jeunes en difficulté n’ont pas de famille en France et sont pris en charge jusqu’à leur majorité ; et au-delà si nécessaire.

Outre le Bangladesh, le Pakistan et la Libye, nous avons aussi accueilli des jeunes arrivant de Tunisie, d’Inde, d’Afrique Sub-Saharienne et de Turquie.

Comment les accompagnez-vous vers l’autonomie ?

Nous essayons de partir de leur choix de départ pour ensuite les aiguiller selon la nécessité du marché vers les secteurs les plus porteurs. On peut dire que ce sont des migrants “économiques”, qui ont envie d’être autonomes et de gagner de l’argent.

Actuellement en formation au CFA de Cahors à la découverte des métiers, ils ont choisi de se professionnaliser dans les secteurs des métiers de bouche (cuisine, boulangerie) ou du bâtiment (peinture, maçonnerie) ; fin novembre ils espèrent tous obtenir des contrats d’apprentissage qui les amèneront au bout de 2 à 3 ans vers un tremplin d’entrée dans une vie active et laborieuse qu’ils sont les premiers à espérer pour se forger un nouvel avenir.

La Dépêche