Précarité : Le gouvernement débloque 500.000 euros pour la prostitution

Une enveloppe de 500.000 euros a été débloquée cette semaine. Un soulagement pour une communauté frappée de plein fouet par la pandémie. Même si le ministère de la Santé a choisi une clé de répartition qui néglige les associations communautaires.

Un soupçon de soulagement. Alors que la détresse des travailleuses et travailleurs du sexe (TDS) ne fait que s’accroître, une enveloppe de 500.000 euros a été débloquée par le ministère des Solidarités et de la Santé. Près d’un an après le premier confinement, cette somme devrait permettre de distribuer des tickets services à 1 590 personnes, selon le ministère. Leur distribution devrait intervenir à partir de cette fin de semaine. «On ne veut pas que cette population soit un angle mort de la crise. Il n’y a pas l’ombre d’un doute sur la nécessité de leur venir en aide», appuie le cabinet d’Olivier Véran.

Depuis le printemps 2020, la crise sanitaire enfonce cette communauté dans une profonde précarité. A la fin du premier confinement, des tickets services avaient été distribués aux TDS par la délégation interministérielle.

L’enveloppe de 500.000 euros qui a été débloquée cette semaine devrait servir à distribuer des tickets services à 1.590 personnes. “On ne veut pas que cette population soit un angle mort de la crise. Il n’y a pas l’ombre d’un doute sur la nécessité de leur venir en aide”, a confirmé le cabinet d’Olivier Véran.

Cette enveloppe sera répartie entre trois associations : l’Amicale du nid, le Mouvement du nid et Médecins du monde. Elles devraient recevoir 166.000 euros chacune. Une somme qui n’est “pas à la hauteur des enjeux”, d’après Delphine Jarraud, déléguée générale de l’Amicale du nid, interrogée par le quotidien national. En effet, les TDS connaissent, depuis le début de la crise du Covid-19, une très grande précarité.

Une répartition qui interroge

Autre question qui divise les militants : pourquoi ne pas avoir inclus les associations communautaires,  composées majoritairement de travailleuses et travailleurs du sexe ? En effet, l’Amicale du nid et le Mouvement du nid sont deux associations abolitionnistes (elles refusent toutes deux toute forme de réglementation de la prostitution) et reçoivent, à elles deux, les deux tiers de l’enveloppe de 500.000 euros. De son côté, Médecins du monde doit redistribuer ses 166 000 euros à une quinzaine d’associations de terrain.

Une décision que le député LREM de la Charente-Maritime, Raphaël Gérard, très investi dans ces questions, juge “déconnectée de la réalité du terrain” : “C’est une aide d’urgence, et la mettre majoritairement dans les mains d’associations abolitionnistes comme le Mouvement du nid ou l’Amicale du nid dissuade beaucoup de personnes de la demander, par peur d’être stigmatisés”, explique-t-il. […]

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