Que faire face à la violence, au racisme et au sexisme de la police et comment se passer de l’institution ?

La montée des violences policières, qui depuis le milieu des années 2010 frappent aussi en France des milieux sociaux jusque là préservés, en particulier dans les manifestations, laisse mieux que jamais saisir la véritable fonction de la police depuis le développement de cette institution au XIXe siècle : non pas “courir après les voleurs” et protéger des populations, mais maintenir ces dernières dans la soumission à l’ordre capitaliste dans lequel l’Etat se trouve encastré.

C’est la thèse de Paul Rocher, économiste et enseignant à Sciences Po, dans son livre récemment paru aux éditions La Fabrique sous le titre « Que fait la police ? Et comment s’en passer ». Avec Julien Théry, Paul Rocher revient sur le caractère systémique de la violence, du racisme et du sexisme de l’institution policière, démontré par toutes les études, avant de suggérer comment la société peut organiser sa sécurité autrement, par elle-même et dans son propre intérêt. Les expériences d’auto-gestion communautaire du maintien de l’ordre, notamment en Irlande et en Afrique du Sud, laissent voir comment il est possible de supprimer la police.