Quimper (29) : Le Soudanais Siddig Abdallah a trouvé un toit grâce à des propriétaires solidaires qui bénéficient d’avantages fiscaux pour loger des migrants

L’association Habitat & humanisme, installée à Quimper et Brest, cherche d’urgence des propriétaires solidaires. Comme Claude-Marie et Jean, un couple qui loue un appartement à un jeune Soudanais. Plus de vingt personnes sont en attente à Quimper.

C’est un bel appartement. Propre et fonctionnel. Spacieux et bien entretenu. Siddig Abdallah, Soudanais d’une trentaine d’années, est assis dans un fauteuil. Il parle un français approximatif. Mais c’est un pas de géant par rapport à l’été 2017, lorsqu’il est arrivé à Kerlaz (Finistère) avec d’autres migrants. Siddig épelle parfaitement son prénom et son nom. Il récolte ce qu’il a semé durant les cours de français, à la maison pour tous de Penhars, à Quimpert (Finistère)

Depuis un an, il travaille au chantier d’insertion Prélude. Après avoir été hébergé dans l’ancien hôtel Formule 1 de Cuzon, il bénéficie d’un appartement, depuis septembre 2021. À deux pas de la route de Brest, grâce au précieux travail de l’association Habitat & humanisme et à l’engagement et l’altruisme d’un couple de propriétaires solidaires, Claude-Marie et Jean Viala.

« Mon mari avait cette idée mais je n’étais pas trop partante, reconnaît Claude-Marie. On a rencontré les bénévoles d’Habitat & humanisme et ils nous ont convaincus. » Le couple a acheté cet appartement, réalisé « trois mille euros de travaux, puis l’association a tout pris en charge. La solidarité est très importante pour nous : la vie nous a permis de ne pas êtres pauvres », ajoute Jean.

« Habitat & humanisme est une sécurité supplémentaire, c’est l’idéal pour un propriétaire, reprend Claude-Marie. Ils nous ont conseillés sur le lieu d’achat et le bien. » Claude Le Garo, responsable du pôle logement, confirme : « On veut éviter les ghettos. Nous louons quarante-cinq logements diffus dans Quimper. Pas un immeuble qui concentrerait les problèmes. »

Côté énergie, les appartements doivent être classés « D » au plus bas. « En consentant une baisse de loyer de 15 à 45 %, le propriétaire obtient une réduction d’impôts de 25 à 65 %, détaille Claude Le Garo. Chaque locataire touche l’allocation logement et nous règle le reste du loyer, que nous versons ensuite au propriétaire. Nous assurons le suivi, des visites régulières et l’entretien. Nous soutenons le locataire. Le propriétaire a la garantie de toucher son loyer, et ce sans carence locative. »

« Un travail social de fond »

Malgré ces avantages, l’association peine à trouver des propriétaires solidaires : elle en cherche dix dans les six prochains mois. La faute à une pression immobilière de plus en plus forte. « Un travail de fond est fait par les travailleurs sociaux, souligne Christian Le Lez, le président. Certains locataires n’ont jamais eu de logement, ont vécu dans la rue et oublié les codes de la société. Il est difficile de leur dire qu’il faut attendre, parfois des années, alors qu’il nous manque l’essentiel pour les réinsérer : le logement. Pas de logement, pas de travail. Et pas de travail, pas de logement. »

Siddig devrait maintenant accéder à un logement social : « Nous sommes dans la transition : c’est un tremplin, pendant maximum deux ans et demi », conclut son accompagnatrice, Joëlle Penard. Claude-Marie lance un regard bienveillant à son locataire : « Je suis très heureuse car j’ai l’impression que vous êtes bien. » Assis dans son fauteuil, Siddig opine du chef.

Contact : Habitat & humanisme, 20, avenue de Limerick à Quimper. Tél. 02 98 64 58 52. Mail : finistere@habitat-humanisme.org

Ouest-France