Quimperlé (29) : L’association d’arts et langues Babellium lance un SOS pour Amina, une Marocaine menacée d’expulsion après avoir été déboutée du droit d’asile

À Quimperlé, une mère, déboutée du droit d’asile, et ses deux enfants risquent de se retrouver à la rue à la fin du mois de juin. L’association Babellium lance un appel à la solidarité pour leur trouver un logement.

« La situation est urgente », assure Christel, de l’association Babellium, basée à Quimperlé. Suffisamment pour que ses membres aient décidé de lancer un appel à la solidarité du territoire afin qu’une solution d’hébergement puisse être proposée à une mère et ses deux enfants. Actuellement logés par le Centre d’accueil de demandeurs d’asile, « ils vont se retrouver sans logement au 30 juin ». Ce mercredi matin, dans les locaux de l’association – rue Savary -, ils étaient quelques-uns (dont LDH, Cimade) à avoir répondu à l’appel à rassemblement lancé « en urgence » la veille au soir pour soutenir Amina. « Il faut trouver une solution pour cet été, pour qu’elle le passe le plus sereinement possible », avance Katia, de Babellium.

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Mère « bien intégrée »

« Menacée » après avoir vécu « une période difficile au Maroc avec sa famille », cette mère serait arrivée en France « fin 2019 » avant de se poser à Quimperlé « en septembre 2020 », exposent des membres de l’association. Déboutée de sa demande de droit d’asile – décision confirmée par la Cour nationale du droit d’asile en mai dernier – elle ne serait pas, pour l’heure, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français. Depuis son arrivée à Quimperlé, cette mère de famille suit des cours de français au sein de l’association. « Elle le parlait très peu et depuis, elle parle très bien ».

Elle est impliquée dans la vie de l’association, comme intervenante notamment. Le plus âgé (6 ans) des enfants est scolarisé dans une école de la ville et le plus jeune (13 mois) est attendu « en crèche à la rentrée ». À Babellium, on insiste sur le fait qu’elle est « très bien intégrée » et on pointe du doigt « le risque », pour la famille, de se retrouver sans logement, le 30 juin. « Ce serait dramatique », lance Katia.

Échanges parfois tendus

À Babellium, contrairement à Cent pour un toit, cette situation est nouvelle. « Ce n’est pas dans notre ADN », commente Christel. Les membres de l’association sont peu rompus aux procédures. Ainsi, l’appel à rassemblement n’a pas été déclaré en préfecture. Un oubli qui s’est traduit par la présence, peu après midi, de deux gendarmes devant les locaux de l’association, à la sortie du dernier cours. Entre bénévoles et militaires, l’échange a parfois été tendu. Du côté de l’association, on a plaidé la bonne foi. « On essaie de trouver une solution ». Il n’y avait d’ailleurs, dans la démarche de l’association, aucune volonté de manifester sur la voie publique mais bien une envie partagée de trouver une solution pour cette mère et ses deux enfants.

Babellium : contact.babellium@gmail.com

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