Racisme dans le vélo : Inclusion, sanctions, prévention… comment la France gère-t-elle la question?

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Brûlante aux États-Unis après la mort de George Floyd et dans le sport avec la récurrence des cris de singe proférés dans les stades de football, la question du racisme s’est posée dans tous les pans de la société en 2020. Récemment, tous les coureurs du Tour de France ont porté des masques sur lesquels était écrit “non au racisme”. Mais où en est le cyclisme français dans sa gestion du racisme ?

La question du racisme se pose-t-elle souvent au sein du cyclisme français?

Les récentes révélations de Janez Brajkovic à propos d’actes racistes à l’encontre de Tsgabu Grmay à la Bahrain Merida. L’opération #NoToRacism sur les masques des coureurs lors de la dernière étape du Tour de France. La réaffirmation en juin dernier de la part de l’Union cycliste internationale (UCI) de son devoir d’assurer “l’égalité de tous les membres et de tous les sportifs, licenciés et officiels, sans discrimination raciale, politique, religieuse, de genre ou autre”… Dans un peloton composé en très grande majorité d’hommes blancs, la question du racisme est revenue sur le devant de la scène cette année.

Parmi les 42 équipes en World Tour et au niveau Continental, seuls 10 coureurs sont, par exemple, noirs de peau. Les injures racistes proférées à l’encontre de Kevin Reza, par Michael Albasini en 2014, puis par Gianni Moscon, en 2017, sont encore dans toutes les têtes. Il faut dire que les deux coupables ont pu continuer leur carrière comme si de rien était. Mais, si ces fâcheux événements ont été si marquants, c’est parce qu’ils ont été aussi violents qu’exceptionnels, même si le racisme ne se limite pas forcément qu’à des actes délibérément mal intentionnés.

A l’échelle française, Michel Callot, le président de la Fédération Française de cyclisme (FFC) explique qu’il n’a jamais eu à faire avec des cas de racisme en une vingtaine année d’implication dans le sport en tant que dirigeant. “Autant, malheureusement, j’ai rencontré d’autres sujets de discrimination, de violence, mais pas sur le racisme. Je ne sais pas si c’est un motif de satisfaction, mais c’est un fait”, affirme celui qui est arrivé à la tête de la FFC en 2017. Interrogé de la même manière par Libération, le sprinteur vosgien Nacer Bouhanni, petit-fils d’immigrés algériens, disait n’avoir “jamais eu de problème de racisme” non plus.

Kevin Reza, comme le reste du peloton du Tour de France 2020, a participé à l'opération #NoToRacism.
Kevin Reza, comme le reste du peloton du Tour de France 2020, a participé à l’opération #NoToRacism

• Quelles sanctions sont prévues en cas d’acte raciste?

Deux outils existent en France pour sanctionner d’éventuels cas de racisme. Le premier, classique, est dans les mains du président de la Fédération. Michel Callot peut saisir une commission de discipline “dès qu’un acte ou des paroles portent atteinte à l’image du sport“. L’autre est un comité d’éthique, mis sur pied il y a 2 ans. “Il peut être saisi par la victime, par quelqu’un qui pourrait estimer avoir subi des violences en rapport avec le racisme. Dans ce genre de cas, je n’ai rien à dire, je ne peux rien freiner ni occulter“, assure Callot. Le pouvoir du comité est dit “complètement indépendant de la Fédération pour pouvoir arbitrer des situations qui pourraient impliquer des dirigeants“. 

Seul coureur européen noir avec un autre sprinteur français, Lorrenzo Manzin (Total-Direct Energie), Kevin Reza en attend surtout après l’UCI, l’instance qui régit le cyclisme au niveau international. “Il n’y a que l’UCI qui puisse mettre des choses en place et faire réagir les gens. Sanctionner fortement les coupables, ça pourrait faire réfléchir tout le monde. Ce serait un bon début pour combattre le racisme dans le vélo, dans le sport et dans la société. Et tout ça ne peut venir que d’en haut“, estime le coureur de l’équipe B&B Hotels-Vital Concept. Il n’a pas apprécié la gestion en catimini du cas Gianni Moscon en 2017, qui l’avait traité de “nègre” et écopé d’une suspension de seulement six semaines.

Aujourd’hui, un jet de bidon c’est 500€ et on veut ajouter une sanction de temps. Si pour un jet de bidon on est capable de mettre des sanctions à cette hauteur, je ne peux pas comprendre qu’on ne puisse pas mettre des sanctions beaucoup plus lourdes pour des faits beaucoup plus graves, et le racisme en fait partie, comme la violence“, insiste Pascal Chanteur, président du syndicat des coureurs. D’après lui, l’UCI est “consciente” de la situation et prépare une action avec les coureurs. Avant de sanctionner, il insiste sur l’importance primordiale de “l’éducation” et de la prévention. Le syndicat prévoit d’ailleurs d’ajouter un module sur le racisme dans la formation des neo-pros.

Pourquoi les coureurs issus des minorités sont-ils si peu nombreux en France?

Si la France est l’une des grandes nations du cyclisme international, ce qu’a confirmé le récent sacre mondial de Julian Alaphilippe, il y a comme l’impression que l’on ne puise pas suffisamment dans le réservoir des talents. Le contraste est saisissant avec d’autres sports en réussite, si l’on considère par exemple l’équipe de France championne du monde 2018. Les coureurs issus des minorités visibles sont très peu nombreux au sein du contingent français. La Fédération française de cyclisme reconnait ses difficultés à couvrir uniformément tout le territoire français et toucher toutes les couches sociales.

On est impuissant sur l’intégration des jeunes de banlieue. Dans le cyclisme sur route, on est très peu présent et de moins en moins présent dans les milieux urbains pour des raisons pratiques, d’organisation des compétitions“, reconnaît Michel Callot. Les courses fuient les grandes villes, les clubs également. Pascal Chanteur note surtout “l’impossibilité pour les associations d’intégrer le milieu scolaire“, contrairement à la natation, à l’athlétisme ou les sports collectifs. Le cyclisme sur route répète ses schémas d’accession, souvent poussés par une tradition familiale, par reproduction. Le soutien logistique de la famille est d’ailleurs une sorte de pré-requis pour permettre aux jeunes coureurs de se rendre et de revenir des compétitions, souvent organisées loin du domicile.

On dit souvent qu’on joue au foot, au hand ou au basket mais on ne joue pas au vélo.”

Pour attirer les jeunes de tous horizons, le cyclisme sur route ne bénéficie pas de la popularité d’autres sports comme le football. En plus d’un accès difficile, c’est la pratique elle-même qui n’est pas donnée à tout le monde. “Vous vous rendez compte, une paire de chaussures coûte 300€ aujourd’hui“, s’étonne Chanteur, qui ne parle même pas du prix d’un vélo. D’autant que c’est aussi un sport de souffrance. “On dit souvent qu’on joue au foot, au hand ou au basket mais on ne joue pas au vélo. Il n’y a rien de ludique à courir, même en minimes“, ajoute Pascal Chanteur. 

Parallèlement se pose la question de l’inclusion des coureurs ultramarins. Outre la distance géographique, Pascal Chanteur, qui a vécu en Nouvelle-Calédonie, raconte la difficile décision d’accepter de venir en métropole, qui ressemble fortement à une “expatriation” culturelle. Il explique aussi que le réseau des recruteurs éprouve déjà des difficultés à trouver le temps (faute de moyens) de couvrir la métropole. C’est Jean-René Bernaudeau, lui-même, qui s’était rendu en Guadeloupe pour faire confiance à un coureur comme Yohann Gène.

Conscient des lacunes en terme d’intégration et d’inclusion du cyclisme français, Michel Callot explique qu’un pole a été créé à Hyères, “réservé à nos meilleurs coureurs ultramarins pour leur permettre de venir se développer en métropole, en bénéficiant d’un encadrement plus pointu et d’un calendrier de compétition européen plus solide“. Un pole dont il espère que les activités seront élargies. Mais pour ce qui est de l’inclusion des jeunes urbains, seuls quelques clubs en relation avec des associations de quartier œuvrent en ce sens (il cite Grenoble et Vaulx-en-Velin).

Visé par des injures racistes au cours de sa carrière, Kevin Reza a longtemps refusé de s’épancher sur la question. S’il juge aujourd’hui qu’une libération de la parole est nécessaire et que des pas vers l’avant peuvent être faits, le coureur de B&B Hotels-Vital Concept est cynique, voire résigné. Dans le vélo, comme dans la société, le racisme ne disparaîtra jamais selon lui.

Il est le poisson-pilote de Bryan Coquard chez B&B Hotels-Vital Concept. Il a plus de 10 ans de métier et 6 grands tours dans les pattes. Kevin Reza aimerait que quand on vienne lui parler, ce soit pour discuter vélo. Mais, irrémédiablement, la question du racisme revient sur la table.

Il faut dire que l’homme de 32 ans est le seul coureur noir ayant participé au dernier Tour de France. Ils ne sont que deux en Europe au niveau World Tour et Continental, lui et un autre Français, Lorrenzo Manzin (Total-Direct Energie, 26 ans).

Du fait de ses expériences douloureuses avec Michael Albasini sur la Grande Boucle 2014 et Gianni Moscon en 2017 sur le Tour de Romandie, Kevin Reza est devenu ces dernières années l’interlocuteur régulier sur la question, lui qui ne veut surtout pas devenir un porte-parole de la lutte contre la racisme. Tiraillé entre l’importance qu’il accorde à la libération de la parole au sein du peloton et sa résignation face à la perpétuelle résurgence des comportements condamnables, celui que le peloton du Tour a laissé courir en tête dans son opération #NoToRacism nous livre son sentiment après l’affaire Quinn Simmons.

Mercredi, le coureur américain Quinn Simmons a été suspendu par la Trek Segafredo après un tweet jugé raciste, dans lequel il a utilisé de manière ironique l’emoji main noire au moment d’afficher son soutien à Donald Trump. Que pensez-vous de cette histoire ?

Kevin Reza : “C’est difficile de dire ‘oui, c’est un acte raciste’. On n’est pas dans sa tête mais il y a un contexte, celui d’une réponse à un tweet politique. Chacun soutient le candidat qu’il veut, après j’ai trouvé bizarre l’utilisation de cet emoji noir. Ca reste un peu flou. Chacun voudra voir ce qu’il veut dans ce tweet, que ce soit ceux qui y voient un acte raciste et ceux qui ne voient pas le mal. Personnellement, je n’arrive pas à donner mon avis, ça reste trop flou.”

Simmons n’a pas été officiellement suspendu pour acte raciste mais à cause ‘d’une conduite ne bénéficiant pas à un athlète de chez Trek’ et de propos ‘clivants’ et ‘incendiaires’, ce qui renvoie plutôt à la question de la parole et du rôle des athlètes dans la sphère politique…

KR : “Un sportif c’est un citoyen avant tout. Il a le droit de donner les opinions qu’il pense être bonnes pour lui. On n’a pas à le censurer pour ça. Mais oui, c’est évidemment plus délicat pour un sportif de le faire. Il est payé par des partenaires, des sponsors qui ont des attaches politiques. Peut-être qu’il n’a pas trop réfléchi aux conséquences. On peut peut-être mettre ça sur le dos de sa jeunesse. On peut aussi le pointer du doigt, mais personnellement je ne suis pas sûr [de la teneur de ses propos.

De cette polémique, lassante pour certains, menant à un débat stérile pour d’autres, a découlé le témoignage du coureur slovène Janez Brajkovic, que vous avez vous-même retweeté. Ce dernier a dévoilé des actes racistes à l’encontre de Tsgabu Grmay au sein de la Bahrain-Merida en 2017. C’est peut-être la première fois qu’un coureur blanc effectue ce genre de prise de parole…

KR : “Ca fait plaisir de voir que des coureurs qui n’osaient pas en parler avant, puissent le faire librement. Il ne faut pas garder ce genre de choses pour soi, mais toujours en parler. C’est très grave. Ceux qui sont ciblés aujourd’hui, j’espère qu’ils se sentent bêtes. Ils ne vont pas changer mais au moins ils seront interpellés.

Vous avez décidé depuis quelques années de ne plus vous retenir sur la question du racisme. Mais quand on vous écoute, la lutte a l’air d’être perdue d’avance. Vous semblez résigné.

KR : “Le racisme a toujours existé. Je ne vois pas pourquoi aujourd’hui il disparaîtrait du jour au lendemain. On peut faire bouger un peu les choses mais pas tout, tant qu’il y en aura pour le clamer ouvertement. Le racisme est partout, dans le peloton comme ailleurs. Il faut se mettre dans la peau d’un noir, et pas que dans le peloton. Oui, j’ai été victime de racisme dans la cour de l’école. D’un oeil extérieur, aujourd’hui ça peut choquer, mais moi non, parce que je sais de quoi j’ai été victime depuis tout petit. Malheureusement, j’ai appris à vivre avec. Je me suis fait à l’idée que le racisme a toujours accompagné l’histoire de l’humanité et continuera à le faire.

Vous avez gardé un souvenir très amer de la gestion du cas Gianni Moscon en 2017, qui a pu reprendre sa carrière comme si de rien était. Prônez-vous des sanctions plus lourdes contre les coureurs coupables d’actes racistes ?

KR : “Moscon, c’était ridicule et ça a été traité d’une façon anormale. Ça avait fait du bruit mais il n’y avait pas eu de sanctions (seulement 6 semaines de suspension, ndlr). Ce que je souhaite, à l’heure actuelle, ce sont des sanctions assez fortes, comme celles prévues dans le cadre d’un contrôle antidopage. Sanctionner fortement [les coupables] ça pourrait faire réfléchir tout le monde. Ce serait un bon début pour combattre le racisme dans le vélo, dans le sport et dans la société. Et tout ça ne peut venir que d’en haut. Il n’y a que l’UCI qui puisse mettre des choses en place et faire réagir les gens. Elle pourrait faire un grand pas en avant [si elle décidait de le faire].

Auteur de tweets qui ont fait polémique, dont un jugé raciste par certains observateurs, le coureur américain Quinn Simmons a été suspendu jusqu’à nouvel ordre par la formation Trek-Segafredo. Même si le caractère raciste de ses interventions n’a pas été évoqué par son équipe et même si beaucoup ne voient pas où se situe le problème, le débat qui découle de l’affaire a déjà conduit à une libération de la parole.

Mes chers amis américains, j’espère que cette horrible présidence se termine pour vous. Et pour nous, comme anciens alliés, également. Si vous me suivez et que vous soutenez Donald Trump, vous pouvez partir. Il n’y a aucune excuse quand on soutien ou qu’on vote pour cet homme vil et horrible“. Quand la journaliste José Been (@TourDeJose) a publié ce message sur son compte Twitter, elle n’imaginait pas les conséquences que celui-ci allait avoir. 

L’emoji de la discorde

Dans les heures qui ont suivi, une réponse à ce tweet a conduit à la suspension “jusqu’à nouvel ordre” de Quinn Simmons, coureur prometteur de la formation Trek-Segafredo, le jeune Américain de 19 ans ayant trouvé opportun de répondre “Bye” suivi d’un emoji représentant une main noire (lui qui est blanc de peau) pour afficher son soutien à l’actuel président des États-Unis. Il a immédiatement été interpellé par plusieurs comptes influents et même par son compatriote Robin Carpenter, coureur pro chez Rally.

L’ampleur des réactions observées sur les réseaux sociaux, entre accusations de racisme et soutien à l’excès de supporters trumpistes, a conduit l’équipe Trek à prononcer rapidement la suspension de son coureur dans un communiqué. “Alors que nous supportons la liberté d’expression, nous considérons les personnes responsables de leurs mots et actions. De manière regrettable, Quinn Simmons a émis des propos que nous sentons clivants, incendiaires, au détriment de l’équipe“.

Contrairement à la polémique déclenchée sur les réseaux sociaux, l’intéressé n’a pas été sanctionné ni pour acte raciste, ni pour afficher sa préférence pour Donald Trump. C’est parce que Trek Segafredo craignait pour son image que la formation World Tour a agi. Mais il y avait à l’évidence “plusieurs éléments problématiques” dans la communication de Quinn Simmons, affirme Olivier Langlois, auteur au Canada d’une thèse sur L’impact des émojis sur la perception affective des messages.

Des excuses qui ressemblent à une justification

Les différentes teintes de peau des émojis ont été développées par Apple dans l’esprit de représenter une plus grande diversité et inclusivité. Cependant, Simmons les a utilisées dans un but contraire, comme un “blackface” en fait : en s’appropriant une couleur de peau qui n’est pas la sienne dans une communication publique à propos raciste et/ou ignorante. (…) Peut-être que l’émoji se trouvait tout simplement dans ses émojis récents les plus utilisés, quoi que ceci n’est pas nécessairement moins problématique“, note Langlois. 

Aux Etats-Unis, la question raciale est beaucoup trop sensible en 2020 pour que Quinn Simmons plaide la méconnaissance. Il n’a d’ailleurs même pas parlé de choix involontaire. Dans ce qui ressemblait plus à une justification qu’à des excuses, le champion du monde juniors 2019 a écrit : “En tant que coureur américain, je me suis toujours senti fier de représenter mon pays. La grosse raison qui m’a poussé à choisir Trek c’est grâce à ses valeurs américaines. A ceux qui trouvent raciste la couleur de l’emoji, je peux promettre que je ne voulais pas que ce soit interprété comme ça“.

Derrière le bruit, une libération de la parole

S’il a poursuivi avec des excuses, en affirmant être contre le racisme, il n’a jamais supprimé son tweet. L’intéressé a même multiplié les “likes” de messages prenant sa défense. Les plus pessimistes pesteront contre une sanction a priori provisoire, qui n’aura eu pour but que de victimiser un coureur, “censuré” d’après la multitude des tweets émanant de trumpistes convaincu. Les mêmes diront que c’est un pas de plus vers une communication lissée par les équipes, qui auront encore plus à cœur d’étouffer les affaires gênantes.

Mais bien au-delà de la teneur de la polémique et de la stricte interprétation des propos  de Simmons, les débats nés sur les réseaux sociaux ont très vite conduit à une libération de la parole dans le peloton. Nathan Haas, coureur de la formation française Cofidis, n’a pas hésité à appuyer la décision de suspendre le coureur américain. “Les gens sont attachés à leurs points de vue, mais quand tu es une figure publique représentant une entreprise qui te paye, ne sois pas surpris si le racisme dégrade ton statut de travailleur“, a écrit l’Australien sur son profil Twitter.

Et il n’a pas été le seul à commenter l’affaire sur les réseaux sociaux. Un simple emoji a suffi à enflammer un brasier, car jeudi matin, l’expérimenté coureur slovène Janez Brajkovic a pris la parole pour dévoiler des actes racistes au sein de la formation Bahrain-Merida. Les faits remonteraient à l’année 2017. “Quand Tsgabu Grmay (un coureur éthiopien) était dans l’équipe, plusieurs coureurs et membres du staff l’appelaient par le mot en “n” (nigga, ndlr)… Ça m’énervait à chaque fois qu’ils le faisaient mais ils trouvaient ça marrant“, a écrit Brajkovic.

“Je ne les supporte pas”

L’ancien d’Astana et de Radioshack est allé encore plus loin. “ll y avait d’ailleurs un coureur à qui j’ai demandé ‘es-tu raciste?’. ‘Oui, je ne les supporte pas’, avait-il répondu. Tout le monde l’a entendu, personne n’a rien fait“, a-t-il révélé, insistant aussi sur sa responsabilité de n’avoir rien dit à l’époque. Mais, il s’agit probablement de la première fois qu’un coureur blanc dévoile de lui-même des actes racistes observés dans son sport. 

Il y a une culture dans le World Tour, qui est de rester tranquille et de se concentrer sur la simple tâche de pédaler. Beaucoup d’athlètes ont été entraînés et habitués par leurs managers et leurs sponsors à rester loin des sujets controversés“, disait encore le récent retraité Peter Stetina il y a deux semaines, lui aussi Américain et passé chez Trek. Les propos de Brajkovic sont donc un vrai pas en avant.

Le prochain sera peut-être de ne pas avoir peur de dénoncer les coupables et de les sanctionner plus durement que Gianni Moscon ne l’a été après ses injures racistes à l’encontre de Kevin Reza en 2017. L’Italien avait traité le Français de “nègre” au cours d’une étape du Tour de Romandie, lequel l’avait confronté. Le fautif n’avait été suspendu des compétitions que pour une période de 6 semaines… 

France TV Info