Racisme, dénigrement et indifférence : Meghan et Harry chargent la famille royale dans une interview choc

Annoncée en grande pompe depuis plusieurs jours, l’interview du prince Harry, 36 ans, et surtout de sa femme Meghan Markle, 39 ans, diffusée dimanche 7 mars sur la chaîne américaine CBS, a bel et bien tourné au règlement de comptes avec Buckhingham Palace. La duchesse de Sussex, qui est métisse, a notamment affirmé, à la télévision américaine, que des membres de la famille royale s’étaient inquiétés de la couleur de peau de son fils Archie avant sa naissance.

Meghan Markle, qui est métisse, a notamment affirmé que des membres de la famille royale britannique s’étaient inquiétés de la couleur de peau de son fils Archie avant sa naissance. La duchesse de Sussex a également indiqué que le palais de Buckingham avait refusé d’accorder une protection à l’enfant, bien que ce soit la tradition.

Meghan Markle a aussi révélé avoir eu des idées suicidaires en raison de la couverture de sa personne par les médias britanniques, et que la famille royale a alors refusé qu’elle se fasse aider. « Je ne voulais juste plus être en vie. Et c’étaient des pensées constantes, terrifiantes, réelles et très claires », a dit la duchesse de Sussex.

« Et je suis allée voir l’institution, et j’ai dit que j’avais besoin d’aller quelque part pour obtenir de l’aide. J’ai dit que je ne m’étais jamais sentie comme ça avant (…) et on m’a dit que je ne pouvais pas, que ce ne serait pas bon pour l’institution », a-t-elle ajouté.

Pas d’attaque personnelle

Si l’Américaine de 39 ans a dénoncé une « vraie campagne de dénigrement » de la part de l’institution royale et dit ne pas s’être sentie protégée par la famille royale, l’ancienne actrice a pris garde de ne pas attaquer personnellement des membres de la couronne.

Elle a simplement affirmé que, contrairement à ce qui avait été rapporté par la presse britannique, ce n’était pas elle qui avait fait pleurer Kate, la duchesse de Cambridge, mais que l’inverse s’était produit lors d’un incident survenu avant son mariage avec le prince Harry, en 2018. Elle a précisé que Kate s’était excusée peu après.

Mardi, le quotidien britannique The Times avait publié des témoignages accusant la duchesse de Sussex de harcèlement lorsqu’elle vivait encore au sein de la famille royale. Le palais de Buckingham, « très préoccupé », a immédiatement annoncé l’ouverture d’une enquête, une décision inhabituelle pour l’institution peu accoutumée à régler ses conflits en public. Le couple a souvent justifié son départ d’Angleterre par le désir d’échapper à la presse britannique, mais il a aussi laissé filtrer publiquement son malaise au sein de l’institution.

De son côté, la monarchie britannique a décidé de faire front face à la menace de cette interview choc, offrant quelques heures avant l’intervention des Sussex l’image d’une famille unie lors des célébrations annuelles du Commonwealth.

Une riposte royale « par de nouvelles révélations » ?

Dans un discours télévisé préenregistré, la reine a souligné l’importance du « dévouement désintéressé et du sens du devoir » dont ont fait preuve les soignants durant la pandémie, un signe que certains ne manqueront pas d’interpréter comme une critique adressée au couple princier.

Selon une source proche de la reine citée par le Sunday Times, Elizabeth II ne regardera pas l’interview de son petit-fils – diffusée lundi soir en Grande-Bretagne –, et elle sera médiatiquement plus présente la semaine prochaine pour montrer que la monarchie « se concentre sur des questions importantes ».

Le journal indique aussi que des membres de la cour, qui n’ont pas hésité à qualifier l’interview de « cirque », se préparent à riposter « par de nouvelles révélations » sur le comportement du couple si la monarchie était attaquée.

« Ma plus grande inquiétude, c’était de voir l’histoire se répéter », a expliqué le prince de 36 ans, dans un autre extrait de l’émission spéciale de CBS, référence au destin tragique de sa mère Diana, morte en 1997 dans un accident de la route à Paris alors que son chauffeur tentait d’échapper aux paparazzis.

Le prince Harry également affirme que son père et son frère, Charles et William, sont « prisonniers » du système, et a avoué se sentir « vraiment déçu » par son père.

Une interview qui vaut de l’or

Après avoir confirmé à la reine leur mise en retrait définitive de la famille royale, au terme d’une période d’observation, le duc et la duchesse de Sussex, mariés depuis mai 2018, ont perdu leurs derniers titres officiels en février.

Installé au Canada, puis en Californie, à Montecito, depuis mars, le duo a déjà résolument pris la tangente et capitalisé sur son image de couple moderne, mixte, tourné vers l’humanitaire, dans un pays où l’opinion leur est beaucoup plus favorable qu’en Angleterre.

Depuis leur déménagement, les époux ont créé leur fondation, Archewell, et se sont notamment engagés à produire des programmes pour Netflix, moyennant 100 millions de dollars (84 millions d’euros) selon plusieurs médias américains, et des podcasts pour Spotify. A cela s’ajoute un partenariat annoncé avec la plateforme Apple TV +, en collaboration avec la présentatrice américaine Oprah Winfrey, qui a dirigé l’interview de dimanche, au cours de laquelle Meghan et Harry ont aussi révélé attendre une petite fille, leur deuxième enfant. Lire aussi Le prince Harry et Meghan Markle attendent leur deuxième enfant

Le couple vaut de l’or et « Oprah » a vendu, selon le Wall Street Journal, cet entretien entre 7 et 9 millions de dollars à CBS, tout en conservant les droits à l’international, source de juteux revenus car une bonne partie de la planète attend ce rendez-vous télévisuel.

Le Monde