Racisme ordinaire : “Moi j’ai un ami blanc”, le site qui tourne en dérision les préjugés

“Moi j’ai ami blanc”, c’est le nom d’un site internet québécois qui a décidé de parler avec humour de racisme en mettant les ” Blancs ” dans la peau de la personne victimes de préjugés. Un concept original qui permet de mettre en lumière le racisme ordinaire, celui qui est moins palpable mais qui est tout de même lancinant, mettant les personnes de couleur ou de culture différentes dans certaines cases.

Le concept du site Moi j’ai un ami blanc est simple, à travers 5 spots télé, 5 personnes d’ethnies variées présentent leur “ami blanc”. Ce dernier est dépeint comme une personne très particulière, ayant des habitudes, des attitudes et des intérêts jugés comme typiques des “Blancs”. Ils évoquent également les “idées préconçues” qu’ils avaient sur les blancs et expliquent comment cette rencontre avec cet “ami blanc” a changé leur vision et les a rendus davantage tolérants envers eux.

On serait tenté de dire que “toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite“. Malheureusement, cette satire n’est que le reflet d’une triste réalité, celui du racisme ordinaire qui ronge la société, et qui fait que certains préjugés ont la vie dure, car n’étant pas présentés comme des propos racistes.

Ce projet est le fruit d’une ingénieuse collaboration entre huit artistes de cultures diverses (atikamekw, anishnabe, haïtienne, tunisienne, congolaise, camerounaise et québécoise) sous la houlette du réalisateur Julien Boisvert. Ce clip, tourné à la manière d’un témoignage émouvant, “renverse les codes et plonge la majorité dans une situation où c’est à son tour d’être analysée, étiquetée et simplifiée.

Les Blancs deviennent ainsi un bloc monolithique, qu’ils soient australiens, français, québécois ou autres”, expliquent les porteurs du projet sur leur site internet.

Ce site propose par ailleurs deux tests humoristiques : “comment faire pour garder ton ami blanc ?”  et “tu penses être imperméable aux préjugés ? passe ce test pour le vérifier“. Enfin, il propose aussi un concours vidéo sur le thème “moi j’ai un ami blanc” ainsi qu’une “banque d’amis blancs” pour celles et ceux qui voudraient échanger avec des Blancs.

Bref, la dérision est poussée à son maximum, ce qui peut d’ailleurs être dérangeant, puisque perceptible comme étant du racisme inversé.

Les porteurs de projet s’en défendent d’ailleurs sur leur site internet : “cette perte de privilège est certainement déstabilisante. L’auteur afro-américain Michael Harriot utilise des mots semblables pour expliquer comment de nombreux blancs se sentent devant les mouvements tel que Black Lives Matter et Idle No More: [Le racisme inversé ressenti par les Blancs] n’est que l’érosion de ce que j’appelle le “privilège de l’individualité”. Les Blancs ne sont pas habitués à être regroupés et définis par les actions des autres. Bienvenue dans le club !“, écrivent-ils.

C’est le temps de donner une note à tes vidéos préférées! Tu as jusqu’au 10 janvier 2021 pour déterminer les trois gagnants du #ConcoursMonAmiBlanc. Toi aussi tu veux soumettre un témoignage-vidéo? C’est par ici!

Moi j’ai un ami blanc