RATP : une cinquantaine de salariés ne travaillent plus, en grève depuis plusieurs années

Des employés de la RATP s’abritent derrière un préavis de grève illimité pour ne pas travailler depuis plusieurs années tout en continuant à bénéficier de la protection sociale du groupe.

Alors que la RATP connaît ce jeudi une journée noire à la suite d’un mouvement social qui paralyse les transports franciliens, plusieurs dizaines de salariés de la régie francilienne n’auront pas besoin de rejoindre le mouvement, étant déjà en grève depuis… plusieurs années. Selon une information révélée par Le Figaro le 10 novembre, une cinquantaine d’employés de la régie sont en grève depuis… cinq ou six ans, s’abritant derrière un préavis de grève illimité déposé par certains syndicats.

S’ils ne touchent pas de salaire, ils bénéficient en revanche de la mutuelle et des œuvres sociales de l’entreprise. “Et s’ils se lancent dans une autre activité qui ne marche pas, ils peuvent toujours revenir à la RATP”, explique une source proche du dossier, interrogée par Le Figaro. Si elle est moralement douteuse, la pratique n’a rien d’illégal sur le plan juridique. “Si le salarié a prévenu son employeur qu’il serait en grève et que ce mouvement est considéré comme légal car il vise à faire aboutir des revendications professionnelles, l’entreprise ne peut rien faire”, indique Aymeric Hamon, directeur du département droit social de Fidal.

Des pratiques défendues par certains syndicats et dénoncées par d’autres

Certains syndicats interrogés par Le Figaro tiennent à prendre la défense des salariés concernés. C’est notamment le cas de l’Unsa-RATP. “Il y a eu effectivement un préavis illimité déposé à la RATP, il y a à peu près cinq ans par toutes les organisations syndicales”, reconnaît Arole Lamasse, secrétaire général. Et de vouloir relativiser : “Si 50 personnes ne travaillent pas sur 45 000, ce n’est pas ça qui désorganise le service. Par ailleurs, s’ils bénéficient de la mutuelle, c’est qu’ils en paient la part salariée.”

D’autres organisations syndicales ne sont pas du même avis. “C’est un dévoiement du droit de grève”, affirme Frédéric Ruiz, président de la CGC à la RATP. “Nous sommes étonnés et nous regrettons que la direction n’ait pas trouvé les moyens juridiques d’empêcher cet abus.”

C’est donc un autre dossier brûlant qui attend l’ancien Premier ministre Jean Castex, annoncé à la tête de la RATP. Entendu mardi soir par les membres de la commission de l’aménagement du territoire du Sénat puis, mercredi 9 novembre au matin, par ceux de la commission du développement durable de l’Assemblée, l’ancien Premier ministre a recueilli, au total, 52 voix pour et 27 voix contre sa nomination au poste de PDG de la Régie. Celle-ci doit maintenant être confirmée en Conseil des ministres.

Capital