Reconfinements : Alerte rouge sur la zone euro !

Temps de lecture : 2 minutes

France, Irlande, Allemagne : les États dotés de la monnaie unique se retrouvent dans la deuxième vague de contaminations et prennent à nouveau des mesures sanitaires drastiques. Le désastre économique est inévitable. Et le plan de relance de l’UE n’y changera rien.

Une contagion gagne les places financières européennes. Du Dax, en Allemagne, “en baisse de 4 % mercredi” au Cac 40, à Paris, “qui dévisse comme au printemps”. Assiste-t-on à un vent de panique ? à une réaction exagérée de traders à cran ? “Pas du tout”.

Les Bourses européennes ont “simplement remarqué un élément passé inaperçu” jusqu’à présent : la zone euro se retrouve au cœur de la seconde vague de l’épidémie de Covid-19.

Et les dégâts économiques engendrés par cette deuxième vague seront pires qu’au printemps.”

L’Irlande est désormais reconfinée, tout comme la France. Le réacteur économique de la zone euro, l’Allemagne, est également touché. “Après avoir bien résisté au printemps, le pays a décidé de fermer ses bars et ses restaurants”, souligne le journaliste financier Matthew Lynn. “La locomotive de l’Europe est à l’arrêt.” Et dans le Sud, les perspectives sont tout aussi moroses.

Sans même parler d’un éventuel reconfinement total de l’Italie et de l’Espagne, les conséquences à venir sur l’économie de ces deux pays s’annoncent déjà désastreuses. “Ils comptent énormément sur le tourisme pour ne pas sombrer. Mais c’est désormais inévitable :ce n’est plus une mais deux saisons touristiques qui sont fichues. L’avenir ne pourrait être plus sombre.

Explosion de la dette des pays du sud de l’Europe

Ce confinement bis apporte dans son sillage une récession bis.” La déflation naissante couplée à une hausse des taux d’intérêt promet de provoquer un cocktail explosif pour la dette publique des pays du sud du continent.

C’est un scénario de film d’horreur qui s’annonce, alerte Ambrose Evans-Pritchard, chef du service Finances du journal. Le pire scénario de l’OCDE – qui n’est plus invraisemblable – voit la dette publique en pourcentage du PIB de l’Italie exploser à 195 % d’ici à la fin de l’année prochaine. Un chiffre qui monte à 158 % au Portugal et à 229 % en Grèce. Des niveaux qui ne peuvent être maintenus dans les économies à faible croissance sans une perfusion permanente de la Banque centrale européenne.”

Seulement, voilà : le plan de relance de l’Union européenne (UE), annoncé en grande pompe cet été, ne sera pas mis en œuvre avant l’année prochaine. “Et il s’agit de toute manière d’une réponse ponctuelle, là où il faudrait sortir un plus gros bazooka monétaire pour empêcher les effets d’un ‘Covid économique long’”, prévient le quotidien conservateur. Et les dégâts économiques engendrés par cette deuxième vague seront pires qu’au printemps.

Toute la question est de savoir si les États membres de l’UE vont prendre le taureau constitutionnel par les cornes et décider de leur avenir ensemble en réformant les traités afin de créer une véritable union budgétaire, ou s’ils vont continuer à se contenter de demi-mesures qui ne résolvent jamais vraiment le problème.”

Sur cette question, le moment de vérité pourrait intervenir dès l’année prochaine. En attendant, “les décideurs sont paralysés. Résultat : c’est toute l’économie mondiale qui va être frappée de plein fouet par cette pandémie. Mais la zone euro devrait être la plus touchée. Elle est en grand danger.”

The Spectator & The Telegraph