Réforme des retraites : Le ministre Franck Riester concède que les femmes sont « pénalisées » par le report de l’âge légal

Les trimestres validés pour chaque enfant ne seront pas pris en compte par la réforme des retraites. Une « pénalité » assumée par le gouvernement. Un document de 110 pages confirme des inégalités, allant jusqu’à quatre mois d’écart entre les hommes et les femmes, dans l’accès à la retraite. Franck Riester réaffirme ces chiffres.

Présenté lundi en Conseil des ministres, le texte de la réforme des retraites s’accompagne d’une étude d’impact qui admet que les femmes seront davantage touchées par le recul de l’âge de départ que les hommes. Ce document de 110 pages confirme des inégalités, allant jusqu’à quatre mois d’écart entre les hommes et les femmes, dans l’accès à la retraite. En prenant en compte plusieurs paramètres, comme l’âge moyen d’entrée sur le marché du travail, le rapport estime que « la réforme des retraites conduit à un relèvement de l’âge moyen de départ à la retraite d’un mois en moyenne pour la génération 1962 et de six mois pour la génération 1966 ». « Cette hausse moyenne est plus marquée pour les femmes (+ sept mois) que pour les hommes (+ cinq mois) », est-il analysé sur cette période.

Autre exemple où le report est plus prononcé, les femmes nées en 1972 devront travailler environ neuf mois de plus qu’avant le passage de la réforme. Les hommes de cette même génération devront être à pied d’œuvre cinq mois supplémentaires, soit quatre mois de moins que leurs consœurs. L’effort demandé pour les femmes nées en 1980 est encore plus important : elles partiront huit mois plus tard en moyenne, contre quatre mois pour les individus de sexe masculin. Un point sensible dont est bien conscient l’exécutif.

Sur Public Sénat , Franck Riester a convenu lundi que les femmes étaient « un peu pénalisées », allant à l’encontre de la communication gouvernementale qui mettait jusqu’alors en exergue une réforme « juste » et un « progrès ».

« On n’en disconvient absolument pas »

« On demande un effort à tout le monde, y compris aux femmes. Les femmes, pour atteindre leur durée de cotisation, utilisent notamment des trimestres validés par enfant […] Évidemment, si vous reportez l’âge légal (à 64 ans), elles sont un peu pénalisées. On n’en disconvient absolument pas », a déclaré le ministre des Relations avec le Parlement. D’après les dires de Franck Riester, les trimestres validés par enfant ne seront pas pris en compte par le report de l’âge légal de départ, car « ils jouent sur la durée de cotisation », obligeant les femmes à travailler plus longtemps.

Au sortir du Conseil des ministres et au micro de France Inter , quelques heures plus tôt, le ministre du Travail, Olivier Dussopt, avait argué : « Ce décalage s’explique par le fait qu’aujourd’hui, il y a un certain nombre d’assurées femmes qui partent à la retraite de façon anticipée par rapport aux hommes, parce qu’elles tirent bénéfice des majorations de durée de cotisation au titre de la maternité. »