Refoulement de migrants : « Défendre l’Italie n’est pas un crime mais un devoir », lancent les autorités

Alors que quatre bateaux comptant près de 1 000 migrants à leur bord stationnaient dimanche (6 novembre) au large des côtes italiennes, le gouvernement n’a autorisé le débarquement que des femmes et des enfants. Il affirme par ailleurs que les lois européennes sont transgressées et demande une aide à la redistribution. Le premier navire à arriver dans le port de Catane, en Sicile, était le Humanity 1, de l’ONG allemande « SOS Humanity », avec 179 migrants à bord. Seuls 144 femmes et enfants ont pu débarquer, conformément à un décret du nouveau gouvernement de Giorgia Meloni, laissant 35 hommes à bord.

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a déclaré : « Ils doivent retourner en dehors des eaux territoriales, et l’État du pavillon [du navire qui les transporte] doit les prendre en charge. Nous resterons fermes sur ce principe sans faillir à nos obligations humanitaires sur lesquelles nous ne reculerons jamais ».

Le capitaine du navire Humanity 1 a annoncé qu’ils resteraient dans les eaux territoriales italiennes, avec les rescapés, « jusqu’à ce qu’ils soient autorisés à débarquer ».

Le navire allemand Rise Above et le navire norvégien Geo Barents, un navire de recherche et de sauvetage de Médecins sans frontières transportant 572 personnes, se trouvent également dans les eaux italiennes. Dans le cas de ce dernier navire, les inspecteurs évaluent les cas des personnes vulnérables, tandis que dimanche après-midi, seuls les femmes et les enfants ont été autorisés à débarquer.

L’Italie a lancé un appel à l’Allemagne et à la Norvège pour qu’elles prennent en charge les migrants transportés par les ONG sous pavillon allemand et norvégien, mais sans succès.

Le gouvernement allemand a appelé Rome à aider les personnes à bord du navire Humanity 1, tandis que l’ambassadeur norvégien à Rome, Johan Vibe, a souligné qu’Oslo n’avait « aucune responsabilité en vertu des conventions relatives aux droits de l’homme ou du droit de la mer pour les personnes prises à bord de navires privés battant pavillon norvégien en Méditerranée ».

A contrario, la France semble disposée à accueillir une partie des 234 migrants du Norwegian Ocean Viking. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré que la France pourrait accueillir « une partie des migrants, des femmes et des enfants afin que l’Italie n’ait pas à supporter seule le poids de cette arrivée ».

Selon l’Agence de presse italienne (ANSA), des sources ministérielles françaises ont indiqué qu’avant le transfert des migrants, une visite sur place sera effectuée par des responsables français de l’immigration. Ces derniers mèneront des entretiens avec les migrants qui seront accueillis.

À ce jour, 252 migrants ont déjà débarqué en Italie en provenance de sept débarcadères différents, tandis que le centre d’accueil de l’île de Lampedusa, au large des côtes siciliennes, héberge 1 372 migrants, pour un seuil officiel de 400 places.

Il convient de « viser un décret sur les flux calibré sur le marché italien et sur la base des besoins du pays », a souligné le sous-secrétaire Nicola Molteni (Lega). « Les flux doivent être gouvernés et non subis. L’Italie ne reçoit pas d’ordres des autres, la question des migrants est une responsabilité européenne globale », a-t-il ajouté.

« Comme toujours, nous garantirons le sauvetage et l’assistance, mais nous interdisons l’escale dans les eaux territoriales italiennes aux ONG étrangères. Défendre l’Italie n’est pas un crime mais un devoir », a déclaré le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures et des Transports Matteo Salvini (Lega/ID).

Giorgia Meloni a obtenu les faveurs du Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui s’est exprimé sur Twitter : « Enfin ! Nous devons un grand merci à Giorgia Meloni et au nouveau gouvernement italien pour avoir protégé les frontières de l’Europe ».

Euractiv