Rennes (35) : “Grève de la faim” au centre de rétention, ils refusent les plateaux-repas et se nourrissent au distributeur

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Depuis lundi 10 août 2020, huit personnes ont entamé une grève de la faim au centre de rétention administrative (CRA) de Rennes, selon La Cimade. 

Dans un communiqué de presse publié par l’association, les personnes retenues expliquent protester contre les conditions d’enfermement ainsi que le comportement des policiers.

Les conditions de rétention en cause 

Les personnes décrivent une journée au CRA : « Les policiers nous réveillent tous les matins, sans un bonjour. Ils claquent les portes et allument la lumière. Ils rentrent parfois dans nos chambres, la nuit, pour rien ». Ces dernières dépeignent également un endroit « sale » : « il y a des souris et des cafards ». Elles y sont traitées « comme des animaux », écrivent-elles. 

Ce qui nous choque le plus c’est que nous ne soyons pas respectés. Qu’on nous insulte et qu’on nous pousse à bout. C’est aussi l’abandon que l’on ressent.

« Une personne a fait une tentative de suicide il y a quelques jours et elle n’a vu aucun médecin, aucun infirmier. Ils l’ont laissé comme ça. Et puis, le racisme aussi envers nous, la façon dont les policiers nous parlent » ajoutent les personnes retenues, « c’est par rapport à tout ça qu’on a décidé de commencer une grève de la faim ». 

Absence de perspectives d’éloignement

« Il n’y a pas de perspectives d’éloignement avec la fermeture de certaines frontières [face à la crise sanitaire, NDLR] » ajoute une intervenante juridique en rétention de La Cimade, « c’est illégal ».

De plus, des personnes, non concernées par la fermeture des frontières, ont même dû, selon elle, acheter par elles-mêmes leur propre billet d’avion pour faire avancer les choses. 

Les quinze personnes actuellement présentes au CRA viennent des pays du Maghreb, du Cameroun, du Soudan, de Cuba ou encore d’Albanie. 

« L’enfermement est long et dur physiquement et psychologiquement » décrit l’intervenante. Selon elle, dès la première semaine de la réouverture du centre (le 29 juin), un cas d’automutilation ainsi que de tentative de suicide ont été constatés. 

Elle rappelle également qu’en décembre 2019, une personne retenue au CRA de Rennes est décédée après une tentative de suicide. En janvier 2020, un policier se suicidait au centre de rétention. 

Refus de commenter

De son côté, la préfecture d’Ille-et-Vilaine a indiqué ne pas souhaiter faire de commentaires.

Elle indique tout de même « confirmer que sept personnes refusent les plateaux-repas. Elles se nourrissent au distributeur ». « A priori, il n’y a pas de soucis médical » ajoute-t-on du côté de la préfecture. 

Actu.fr

6 Commentaires

  1. A force de jeûner en bouffant des merdes sucrées ces abrutis seront les premiers à développer un diabète pendant une grève de la faim.

  2. faîtes une vraie grève de la faim…et de la soif pendant que vous y êtes: une dizaine de jours.

  3. Qu’est ce qu’il ne faut pas lire, quand même !
    Ouah le scandale, le mec a du se payer lui même un billet d’avion !!!
    Pfffff…

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