Rennes (35) : Migrants, diplômés, leurs patrons les ont embauchés

Maçons, couvreurs, électriciens, carreleurs, de jeunes migrants sont devenus des salariés reconnus à Rennes, grâce à une formule de CAP en trois ans prodigué par le CFA bâtiment d’Ille-et-Vilaine, basé aux portes de Rennes.

Ali Mohammadi est l’un des 36 jeunes formés aux métiers du bâtiment. Aujourd’hui diplômé, il a trouvé sa place à Rennes.

Une place

​Le Centre de formation des apprentis (CFA) de Saint-Grégoire au nord de Rennes, spécialisé dans le bâtiment, a une particularité. Il forme spécifiquement des jeunes migrants débarqués seuls en France. L’État a étudié leur dossier et leur a accordé le statut de réfugié. Ils ont donc des papiers, toute leur légitimité à s’installer à Rennes mais de là, à trouver une place dans la société, ce n’est pas si simple.

Une année de plus

Le CFA a lancé en 2017 une formule spéciale pour amener ces nouveaux rennais à raccrocher les wagons scolaires. Les élèves suivent un CAP en trois ans au lieu de deux. La première année est consacrée à l’apprentissage accéléré du français et l’acquisition des fondamentaux de l’Éducation nationale, comme les maths et autres matières.

|

Les entreprises Maussion et son patron Hervé ont embauché Naqid et signé des apprentissages avec deux autres réfugiés.

Un contrat

Les jeunes choisissent dans les différentes spécialités pour être maçon, carreleur, électricien et partent en apprentissage sur trois ans. « J’ai trois garçons qui viennent de ce cursus dans l’entreprise », détaille Hervé Maussion, des Entreprises Maussion, 35 salariés. Naqid, arrivé d’Afghanistan, a été le premier à débuter dans cette société de couverture basée à Noyal-Châtillon au sud de Rennes. Son implication a encouragé Hervé Maussion à signer pour deux nouveaux CAP + en septembre dernier.

Un emploi

Naqid a reçu son diplôme vendredi 27 novembre. Dans le public, Hervé Maussion était le premier à l’applaudir. « Je suis fier pour lui. Il travaille très bien et je l’ai embauché en CDI. » Le jeune homme est donc devenu un salarié lambda, qui se déplace dans le centre de Rennes à vélo pour aller sur ses différents chantiers.

Amin poursuit en bac professionnel chez Philippe, le patron des l’entreprise Troufflard électricité à Chateaugiron.

Un bac

Amin, également Afghan, mesure aussi le chemin parcouru, son diplôme sous le bras. Fort de son CAP d’électricien, il a choisi de poursuivre jusqu’au bac professionnel et vise un BTS. « Quand je pense à mon pays, à l’école où on ne peut pas aller, je me dis que, moi, je dois faire le maximum pour poursuivre ma formation », confie le jeune homme de 22 ans.

Une motivation

À ses côtés, Philippe Gosse, le patron de Troufflard électricité à Châteaugiron, à l’Est de Rennes. « C’est bien qu’il continue ses études. Il est très motivé. Pour nous les artisans et pour nos équipes, avoir des jeunes comme ça, ça fait vraiment plaisir et ça donne envie de partager », apprécie l’employeur. Il rêverait de répondre à plus de devis mais manque de personnel. « Le dernier embauché, j’ai mis dix mois à le trouver ! »

Chaque année, leur formatrice encadrante trouve des financements pour les emmener une semaine en vacances l’été. Une pause constructive pour vivre comme les autres salariés. |

Ouest-France