Résister aux envahisseurs

Larry Achiampong LUX Larry Achiampong, Relic 1 (extrait de production), 2017

En dehors de Momenta, la « biennale de l’image », bon nombre d’expositions proposent aussi leur lot d’images. Gros plan sur trois qui parlent d’attitude et d’inclusion, sous-thèmes de l’actuelle Momenta.

Gaps, holes, fissures, and frictions.
Dawit L. Petros, artiste montréalais originaire de l’Érythrée, jongle avec l’histoire coloniale de l’Italie en Afrique, les relents militaristes de Mussolini en Amérique du Nord et les actuelles questions migratoires. Son expo pointe les écarts et frictions du modèle fasciste. Avec soin, Petros réorganise les archives, redonne du lustre aux résistants à l’envahisseur. Dans ses propres images prises au Québec, il montre avec douceur la position ambiguë du migrant, dont la perte d’identité se fond avec sa capacité à intégrer sa terre d’accueil. Jusqu’au 30 octobre, à la galerie Bradley Ertaskiran (3550, rue Saint-Antoine Ouest).

Relic Traveller : Where You and I Come From, We Know That We Are Not Here Forever.
Le Britannique Larry Achiampong revisite lui aussi l’héritage du colonialisme en Afrique. Dans son cas, c’est la réalité des frontières qu’il remet en question. Son « explorateur de reliques » (du titre de l’expo) se présente dans un costume futuriste, tel celui d’un astronaute en mission postcoloniale, marqué d’emblèmes aux couleurs africaines, sans référence à une seule nation. L’expérience de visite est fortement immersive : personnages flottants, murs et sol entièrement colorés, courts métrages diffusés dans une salle solennelle. Jusqu’au 9 janvier, à la Fondation PHI (465, rue Saint-Jean).

Resistencia. Perú, 1970-1975. 
Le cinéaste montréalais Carlos Ferrand déterre des images noir et blanc réalisées dans son Pérou natal. L’expo fait voir les plus délaissés de la société, travailleurs ambulants mutés en mules de cargaison ou familles vivant dans des conditions rudimentaires. L’approche ethnologique cible une sorte de racisme systémique envers les populations noires et autochtones, alors que le pays se dit épris de justice sociale. Jusqu’au 23 octobre, à la galerie SBC (372, rue Sainte-Catherine Ouest).

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