Retour vers le futur : Alstom et les Chantiers de l’Atlantique, deux fleurons préservés

L’analyse de Pascal Gateaud, rédacteur en chef de L’Usine Nouvelle.

La France souffre de plus de vingt ans de désindustrialisation. Dès les années 90, la plupart des grands groupes français ont fait le choix de déplacer à l’étranger une partie voire l’essentiel de leur outil productif. Et on ne parle pas de certains de ces fleurons du made in France, qui, une fois passés sous pavillon étranger, ont vu leur empreinte industrielle sur le territoire national réduite à une peau de chagrin.

En gardant leurs centres de décision en France, le constructeur ferroviaire Alstom et les Chantiers de l’Atlantique se donnent les moyens d’éviter ce triste sort. Ce n’était pas gagné. Rappelez-vous, avant de racheter son concurrent canadien Bombardier, Alstom devait fusionner avec l’allemand Siemens. Du moins, c’est ainsi que l’opération était présentée par les deux entreprises et les pouvoirs publics allemand et français. Car en fait de fusion, il s’agissait d’une absorption pure et simple d’Alstom par Siemens, avec le risque, à moyen ou long terme, d’une dévitalisation de son outil industriel dans l’Hexagone, avec toutes les conséquences néfastes sur l’ensemble de la filière ferroviaire. C’était compter sans le feu rouge de la Commission européenne. Depuis, le constructeur français a réussi à boucler, en à peine un an, la reprise du Canadien, pas au mieux de sa forme.

Quant aux Chantiers de l’Atlantique, promis à Fincantieri, le risque était quasi-identique en raison de la stratégie chinoise du constructeur italien. Dans les deux cas, L’Usine Nouvelle s’est montrée très vite critique sur les opérations proposées, n’hésitant pas à dire et à écrire qu’elles n’étaient pas nécessaires, pire, qu’elles présentaient un vrai danger pour l’avenir de ces deux entreprises. Loin de nous l’idée de verser dans le triomphalisme. Simplement l’envie de rappeler que L’Usine Nouvelle, depuis 130 ans, défend le made in France, et compte bien continuer…