Roissy (95) : L’Algérie demande à ses ressortissants bloqués à l’aéroport de « retourner » en Grande-Bretagne (Màj : Cinq Algériens toujours sur place depuis 45 jours)

20/04/2021

Si à la veille du mois de Ramadhan, une vingtaine de leurs compagnons d’infortune a rebroussé chemin vers la Grande-Bretagne ou pris des billets vers d’autres destinations, comme la Tunisie et le Maroc, cinq passagers algériens restent toujours bloqués au niveau de la zone de transit international de l’aéroport parisien Roissy-Charles-de-Gaulle, où ils se trouvent depuis fin février et devaient juste y faire une escale pour des vols Londres-Alger assurés par la compagnie nationale Air Algérie, qui n’a finalement pas pu les effectuer après la décision gouvernementale d’interdire l’entrée en Algérie à tous les voyageurs venant du territoire britannique, dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie Covid-19 et particulièrement de son variant anglais.

«Il s’agit de trois femmes : une dame âgée de 74 ans, dont le visa de visite familiale a expiré, et ses deux filles d’une quarantaine d’années chacune, l’une résidente en Angleterre et l’autre en Algérie. Elles rentraient ensemble spécialement pour voir le père âgé et malade», indique l’avocate Karima Hadj Saïd, en charge de ce dossier avec son confrère Alexandre André.

Et de poursuivre : «Pour les deux autres personnes, il s’agit d’un ressortissant en situation irrégulière, qui a fait le choix d’un départ volontaire, et d’un travailleur saisonnier, qui a pris ses dispositions pour rentrer définitivement en Algérie.» Notre interlocutrice a précisé qu’une sixième personne, restée jusque-là avec ce petit groupe, a «décidé de rentrer à Londres, dimanche dernier».

Vu la situation vraiment exceptionnelle, sur les plans humain et légal, des personnes demeurant à l’aéroport, dans l’incapacité de retourner vers leur destination de départ, les avocats disent avoir envoyé une demande à l’ambassade d’Algérie en France pour tenter de trouver enfin un dénouement. «Nous avons soumis notre requête mercredi dernier, afin que l’État algérien propose une solution convenable et satisfaisante à nos clients. Nous attendons toujours la réponse !» martèle Me Hadj Saïd. Pour elle, «il est vraiment urgent de régler cette affaire, car la situation de ces personnes est révoltante, surtout qu’on est en plein mois de Ramadhan. C’est hallucinant de voir que le gouvernement algérien est, à ce point, incapable de protéger ses enfants. J’ai à la fois de la peine et de la colère».

Du côté des autorités françaises, considérant cette affaire dès le début comme un «problème algéro-algérien», elles restent également insensibles aux sollicitations, notamment de certains députés de l’opposition, à l’instar d’Alexis Corbière (La France insoumise) et d’Aurélien Taché (Écologie, Démocratie, Solidarité), pour aider les «naufragés» à rentrer en Algérie ou, à défaut, les accueillir provisoirement sur le territoire français.

El Watan

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20/03/2021

L’Algérie a demandé à 25 de ses ressortissants, bloqués depuis trois semaines dans la zone internationale de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle pour cause de crise sanitaire, de « retourner » en Grande-Bretagne, leur lieu de résidence.

« Le consul d’Algérie à Créteil, en présence du représentant d’Air Algérie à Paris, a rencontré à plusieurs reprises depuis le 2 mars 2021 certains membres de ce groupe pour échanger sur leur situation et la nécessité de retourner à leurs lieux de résidence en attendant la réouverture des frontières », a déclaré l’ambassade d’Algérie à Paris dans un communiqué.

Les liaisons suspendues

Des solutions multiples de prise en charge, dans l’espoir que ces passagers « reviennent à la raison », leur ont été proposées pour repartir en Grande-Bretagne, leur lieu de départ, mais « les concernés ont choisi de rester en zone internationale », a ajouté l’ambassade.

L’Algérie a officiellement suspendu le 17 mars 2020 ses liaisons aériennes et maritimes avec la France en raison de la pandémie de Covid-19, une mesure étendue au reste du monde quelques jours plus tard. L’émergence du variant anglais du virus a encore compliqué la situation : même les vols de rapatriement de ses ressortissants ont été suspendus pour toute la durée de ce mois de mars.

Cette fermeture des frontières a bloqué un groupe de 25 citoyens algériens, des hommes seuls et trois familles dont deux jeunes enfants, dans la zone internationale de l’aéroport de Roissy, dans des conditions très rudimentaires : sieste à même la moquette au son des haut-parleurs, toilette minimaliste dans les sanitaires et repas aléatoires.

Prévenus par la compagnie?

L’ambassade d’Algérie a par ailleurs indiqué que ces personnes avaient été « saisies individuellement » par Air Algérie, avant leur départ, de l’impossibilité qui leur était faite de rentrer dans leur pays. « Ce sont des mensonges », a assuré ce vendredi l’un d’eux, Hocine, un chirurgien anglo-algérien de 49 ans « bloqué » avec sa femme et sa fille de 3 ans. « Les gens qui sont ici n’ont été prévenus que le jour-même, une fois arrivés à l’aéroport » de Roissy, a-t-il assuré.

Depuis 21 jours, « la situation n’a pas changé, aucune personne n’est partie », se désole ce père de famille, qui affirme que tous ses compagnons d’infortune avaient « complètement le droit de partir » et qu’ils disposaient de tests de dépistage négatifs voire étaient déjà vaccinés. « On ne peut pas traiter les personnes de la sorte, c’est un manque de respect à leur vie, à leur dignité », a réagi Me Karima Hadj Said, un des avocats saisis de leurs dossiers pour étudier la possibilité d’un recours juridique en urgence.

20 Minutes