Roissy-en-France (95) : Une centaine d’Indiens retenus à l’aéroport, ils ont présenté de faux documents et ont été refusés à la frontière (Màj : La Croix-Rouge se retire par crainte d’un cluster)

29/04/2021

L’Anafé et La Croix Rouge se sont retirées de la Zapi, où la promiscuité et la situation sanitaire représentent une “mise en danger” des 126 étrangers maintenus, dont une large majorité d’Indiens.

Pourtant, dans la zone même de l’aéroport, certaines associations sont particulièrement inquiètes. L’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), a annoncé lundi qu’elle se retirait de la zone d’attente de personnes en instance (Zapi), un centre fermé dans lequel des migrants sont maintenus. “Face au non-respect des mesures sanitaires dans la Zapi de Roissy, à la mise en danger corrélative des personnes enfermées et du personnel intervenant dans ce lieu clos et à l’absence de condamnation de ces pratiques par les juridictions administratives et judiciaires, l’Anafé a décidé de se retirer temporairement”, a écrit l’association, protestant contre un traitement jugé “indigne et dangereux”. Cette annonce est intervenue quelques jours après une décision similaire de la Croix Rouge, dont les salariés ont fait valoir leur droit de retrait en raison d’un possible “cluster” de contamination au Covid-19. Plus aucune association n’intervient donc désormais dans la plus grande zone d’attente aéroportuaire de France, où patientent les étrangers qui ne sont pas autorisés à entrer sur le territoire. 

126 personnes entassées dans la Zapi, dont 87 Indiens

Comme le rapporte Mediapart, la Zapi de Roissy, située à 1,5 kilomètre à l’écart de l’aéroport de Roissy, est cachée derrière la zone de décollage du terminal 2, dans une zone de fret désertique. “Il y a trop de monde dans trop peu d’espace. Je n’ai jamais vu tant de monde maintenu en même temps, même en période normale” avant la pandémie, a dénoncé auprès de l’AFP Laure Palun. La directrice de l’Anafé a dénombré 126 personnes présentes lundi dans cette zone, alors que la capacité maximale de la Zapi a été fixée à 150 maintenus avant la pandémie, sans aucun réajustement depuis. Selon Mediapart, parmi ces 126 exilés entassés dans la zone d’attente de Roissy, 87 sont des Indiens.  

Depuis janvier, près de 200 ressortissants indiens ont été placés en zone d’attente dont 63 rien que les 19 et 20 avril. Cet afflux inédit inquiète particulièrement, note le site d’investigation, car certains présentent des signes évocateurs du Covid-19. Toujours depuis janvier, près de vingt ressortissants étrangers du centre ont été testés positifs. Le risque est également de voir se propager le variant indien sur le reste du territoire puisque des étrangers “maintenus” dans la zone d’attente et positifs sont relâchés dans la nature, sans moyen de s’isoler ni aucune prise en charge sanitaire. 

Au moins une vingtaine de cas positifs a par ailleurs été recensée depuis le début de l’année parmi le personnel exerçant au sein de la Zapi, entre les agents de la police aux frontières (PAF), l’équipe de nettoyage et les salariés de la Croix Rouge, mandatés pour intervenir auprès des étrangers en zone d’attente de réacheminement vers leur destination d’origine ou de libération. 

Les autorités se veulent rassurantes

Comme le rappelle Mediapart, les étrangers ne pouvant pas justifier de la régularité de leur entrée en France ou de la poursuite de leur trajet, s’ils présentent de faux documents d’identité ou n’ont pas d’attestation d’hébergement pour la durée de leur séjour, par exemple, parfois des migrants en transit, peuvent être retenus dans la zone d’attente jusqu’à 26jours maximum avant d’être renvoyés – vers leur pays d’origine notamment – ou libérés. Entre-temps, le magistrat peut les autoriser à sortir de la zone d’attente pour réaliser des procédures administratives en France, comme une demande d’asile. 

L’Express

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28/04/2021

La plupart de ces ressortissants Indiens cherchaient à se rendre au Mexique via la France. Mais leur correspondance a été refusée à l’aéroport, beaucoup ayant présenté de faux documents de voyage. Faute d’avoir des visas pour rentrer sur notre territoire, 133 personnes (sur 157 places) étaient toujours retenues mardi dans cette zone où patientent les voyageurs qui ont été refusés à la frontière française.

Et parmi eux 85 ressortissants indiens, alors que l’Inde fait partie des pays dont les vols vers la France sont restreints pour nous protéger des variants C’est la première fois qu’autant de ressortissants indiens sont retenus dans la zone d’attente de Roissy-Charles de Gaulle.

La plupart de ces ressortissants Indiens cherchaient à se rendre au Mexique via la France. Mais leur correspondance a été refusée à l’aéroport, beaucoup ayant présenté de faux documents de voyage. Ces Indiens veulent-ils échapper à la crise sanitaire, hors de contrôle, que traverse leur pays?

Crainte d’un cluster

Ils n’ont pas le profil, selon un agent de la police de l’air et des frontières, pour lui, ils s’approchent plus du migrant économique. Selon lui, la crise sanitaire, qui transforme le trafic aérien, est peut-être responsable de ce nouveau flux migratoire. En attendant, les associations d’aides au migrants craignent un cluster dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy.

Certains ont exercé leur droit de retrait. La police de l’air et des frontières rassure et rappelle que chaque voyageur a dû présenter un test PCR négatif avant de prendre l’avion.

RMC