Rouen (76) : L’idée d’un « territoire accueillant » pour les migrants divise les élus

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Les élus de la Métropole Rouen Normandie ont voté en faveur de l’adhésion à l’Association nationale des villes et territoires accueillants, lundi 5 octobre 2020.

C’était une promesse de campagne du candidat Nicolas Mayer-Rossignol. Devenu président de la Métropole Rouen Normandie, le socialiste fait adhérer l’institution à l’Association nationale des villes et territoires accueillants. Lors du conseil métropolitain, lundi 5 octobre 2020, l’opposition a fustigé « un chantage à la bien-pensance » et une certaine ingérence dans les affaires des 71 communes.

Nicolas Mayer-Rossignol a demandé s’il était possible « d’avoir un échange » apaisé, tellement les esprits se sont « échauffés ». En adhérant à cette association, la majorité métropolitaine souhaite « accompagner l’action des communes pour l’accueil des migrants ». « La question des migrants se pose à tous nos territoires. N’est-ce pas intéressant d’échanger avec d’autres ? », a demandé à ses collègues le maire de Rouen.

« Vous nous obligez à nous positionner »

Pour certains, la réponse est clairement « non ». Laurent Bonnaterre de Caudebec-lès-Elbeuf s’est dit « effaré de la transformation de cet EPCI [Établissement public de coopération intercommunal, NDLR] en collectivité ». Selon lui, « c’est une erreur » et « scandaleux », car « vous nous obligez à nous positionner ». Pour son collègue, élu d’opposition à Rouen, Pierre-Antoine Sprimont, « c’est un chantage à la bien-pensance, avec le camp des humanistes et les autres ». L’élu de droite dénonce une association qui « porte un projet politique » et qui se place « davantage dans la doctrine politique que dans l’humanitaire ».

Pour le maire de Duclair, Jean Delalandre, ce n’est même pas un problème politique, mais plutôt juridique : « Il est clairement indiqué dans les statuts de cette association que seules les Villes, les Départements et les Régions peuvent adhérer, pas les EPCI. » « Que la Métropole veuille y adhérer en notre nom à tous, ce n’est pas respecter les entités qui la composent », s’agace Franck Meyer, édile de Sotteville-sous-le-Val.

« Nous avons mandat pour faire des choix politiques »

Sur l’aspect juridique, Nicolas Mayer-Rossignol « fera les vérifications nécessaires ». Sur le fond, le nouveau président se dit « fier » de « parler politique » dans cette enceinte.

Il n’y a aucune usurpation, aucune indécence. Dans cette majorité métropolitaine, nous voulons porter à cette échelle un certain nombre de valeurs. Il a été reproché par le passé de ne pas faire assez de politique dans cette instance.” – Nicolas Mayer-Rossignol

« Nous ne sommes pas neutres. Nous avons mandat pour faire des choix politiques », a appuyé l’élue Laura Slimani (Génération.s). La première adjointe de Rouen Caroline Dutarte, était également heureuse du « signal fort » que constituait cette adhésion et appelait toutes les communes à « agir » : « Que chacune propose au moins un logement… Un logement dans 71 communes. Voilà, nous avons fait un rêve. »

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