Royaume-Uni : De nouvelles méthodes scientifiques pour déterminer l’âge des migrants

Le Royaume-Uni veut mettre en place de nouvelles méthodes pour déterminer l’âge des migrants se déclarant mineurs en arrivant dans le pays. La ministre de l’Intérieur prévoit l’utilisation de rayons-x, de scanners et d’IRM. Les demandeurs d’asile pourront refuser ces examens, mais cette décision aura des conséquences, notamment sur “la crédibilité de la personne”.

Selon le gouvernement britannique, entre janvier et septembre 2021, environ deux tiers des demandeurs d’asile prétendant être mineurs auraient menti sur leur âge. Ainsi, sur près de 1.700 cas, plus de 1.100 personnes se sont avérées être des adultes alors qu’elles assuraient avoir moins de 18 ans.

La ministre britannique de l’Intérieur Priti Patel a déclaré que cette “pratique d’hommes adultes qui consiste à se faire passer pour des enfants demandeurs d’asile est un abus insupportable de notre système auquel nous allons mettre un terme.” Priti Pratel estime également qu'”en prétextant être des enfants, ces hommes adultes accèdent aux services réservés aux enfants et aux écoles à travers la duperie et la fraude, ce qui met en péril les enfants et les jeunes adultes en matière d’éducation et d’assistance.”

La ministre veut notamment miser sur la science pour évaluer l’âge des demandeurs d’asile. Elle a ainsi confirmé des détails dévoilés par le Daily Mail, un tabloïd britannique conservateur. Le journal explique que les méthodes utilisées pourraient inclure des “examens aux rayons-x et d’autres formes de radiologies, ainsi que des scanners et des IRM.”

D’après l’agence de presse Reuters, une commission doit voir le jour pour trancher sur la fiabilité des différentes méthodes envisagées. Les questions d’ordre médicales et éthiques doivent également être prises en considération. 

Des radiographies pourraient bientôt être déterminantes pour les demandes d’asile au Royaume-Uni. Crédit : Picture alliance

Des radiographies pourraient bientôt être déterminantes pour les demandes d’asile au Royaume-Uni.

L’année dernière, l’association des dentistes British Dental Association, a jugé qu’il serait “inapproprié et contraire à l’éthique” d’utiliser les radiographies de patients sans qu’il y ait un objectif médical.

Ce sera donc à la nouvelle commission de trancher la question des méthodes susceptibles d’être retenues.

En revanche, il a d’ores et déjà été inscrit dans le projet de loi que les demandeurs d’asile auront à donner leur accord avant d’être soumis à des examens médicaux. Il ne s’agira pas d’une obligation. Cependant, le fait de refuser ces examens peut “porter atteinte à la crédibilité de la personne”.

Les avantages des mineurs

La législation britannique actuelle prévoit que les demandeurs d’asile qui semblent avoir moins de 25 ans sont d’abord traités comme des mineurs, avant même que leur âge réel puisse être établi.

Être considéré comme mineur donne droit à un certain nombre d’avantages. Pour les anti-immigration, les migrants auraient conscience de ces avantages et chercheraient à en profiter délibérément. Aussi, la ministre de l’Intérieur insiste sur la charge financière que la fraude représente pour le contribuable.

“Je veux changer les lois britanniques (…) pour mettre fin à ces abus et pour assurer aux Britanniques que nous mettrons fin à l’exploitation de nos lois et des contribuables britanniques”, a déclaré Priti Pratel.

À en croire le Daily Mail, chaque migrant mineur coûte au Royaume Uni près de 46 000 pounds par an, soit quelque 55 000 euros. À titre de comparaison, le salaire moyen au Royaume-Uni est de 26 000 pounds par an, soit environ 31 000 euros.

Les migrants mineurs bénéficient de meilleures options de logement et peuvent potentiellement être hébergés dans des familles d’accueil. Ils peuvent également fréquenter des établissements scolaires et obtiennent généralement de meilleurs résultats lors de leurs entretiens d’asile.

Aligner le Royaume-Uni sur l’UE

Ce projet de loi permettrait au pays, qui a quitté l’Union européenne il y a près de deux ans, de s’aligner sur les autres pays européens.

En Allemagne, au-delà des radiographies censées examiner la structure des os de la main, le précédent gouvernement a par exemple investi un million d’euros dans la recherche sur les ultrasons pour déterminer l’âge des demandeurs d’asile. Cependant, il n’existe pas de pratiques standards ou d’une méthode unique. Aussi, la loi n’impose pas que chaque demandeur d’asile soit soumis à un examen de son âge.

L’Association des médecins allemands s’est d’ailleurs prononcée contre l’idée d’introduire des tests d’âge obligatoires, affirmant qu’ils sont inacceptables sur un plan éthique et imprécis sur un plan scientifique. 

Enfin en Belgique, chaque demandeur d’asile dont l’âge ne peut être prouvé par des documents est évalué médicalement à l’aide de radiographies des dents, des mains et de la clavicule. Selon le Daily Mail, la Finlande, la Norvège, la Grèce et la France utilisent des méthodes similaires.

Gov.uk