Royaume-Uni : La police envisage d’abandonner les termes «terrorisme islamique» ou «jihadisme» pour ne plus froisser la communauté musulmane

La police britannique étudie l’interdiction d’utiliser des expressions telles que «terrorisme islamique» ou «jihad» dans la qualification des attaques commises par des terroristes islamistes, compte tenu des connotations péjoratives qui rejaillissent sur l’ensemble des musulmans.

Le journal britannique The Times rapporte dans sa livraison de lundi, que le chef de l’unité de lutte antiterroriste, Neil Basu, a discuté cette thèse, en juin dernier, lors d’une visioconférence à laquelle ont assisté plus de 70 survivants d’attaques terroristes et de proches de victimes ainsi que nombre d’experts et d’académiciens.

Basu a suggéré de qualifier les terroristes qui ont perpétré l’attentat du métro de Londres, en 2005, comme des «adeptes de l’idéologie d’Oussama Ben Laden». Il a, également, évoqué la possibilité de qualifier les individus, auteurs de l’attaque du Pont à Londres, en 2017, de «terroristes qui dénaturent les buts de leur religion».

La formulation de ces propositions est intervenue à la demande de l’Association nationale des policiers musulmans du Royaume-Uni. L’association a condamné l’utilisation officielle des termes «islamique» et «jihadiste», qui contribue à la création de perceptions et de stéréotypes négatifs, conduisant à l’islamophobie et à la discrimination à l’encontre des musulmans.

Dans un communiqué diffusé à ce propos, l’association a souligné que les terroristes d’extrême droite, dont Anders Breivik, qui a assassiné 77 personnes au Norvège en 2011, n’ont pas été présentés comme des «chrétiens» ou des «Croisés». De son côté, l’inspecteur en chef de la police britannique, Nick Adams, a déclaré au journal que «cette réforme n’est pas encore engagée».

«Le Réseau consultatif de la lutte antiterroriste s’est réuni car les policiers musulmans sont inquiets quant à un usage qui contribuerait à la stigmatisation des musulmans innocents du Royaume-Uni. Nous n’avons pas de plans pour changer la terminologie que nous utilisons actuellement, mais nous demeurons favorables aux discussions et aux contributions à ce sujet», a-t-il ajouté.

The Times