Royaume-Uni : Le musée de Jane Austen lance une “réévaluation”, inspirée par le mouvement BLM, autour de l’amour de l’auteur pour le thé et le coton.

M. Darcy buvant le thé dans Orgueil et Préjugés

Un musée consacré à Jane Austen a déclenché la fureur en annonçant son intention de soumettre l’auteur à un “réévaluation historique” en raison de ses liens présumés avec le commerce des esclaves.

La célèbre auteur – et abolitionniste notoire – a écrit Orgueil et préjugés et Mansfield Park alors qu’elle vivait dans un cottage du village de Chawton, dans le Hampshire, qui a été transformé en musée.

Mais le personnel de la propriété consacrée à l’auteur du XVIIIe siècle prévoit une révision autour de son implication présumée dans le “colonialisme de l’ère Régence”.

Jane Austen a effectivement des liens avec le commerce des esclaves par l’intermédiaire de son père, George Austen, recteur d’une paroisse du Hampshire, qui fut un temps administrateur d’une plantation de sucre à Antigua.

Le musée souhaite cependant rechercher des liens potentiels avec l’esclavage à travers son utilisation du sucre dans son thé et son port de vêtements en coton, qui, selon les experts, sont tous des “produits de l’empire” ramenés en Grande-Bretagne depuis les colonies africaines.

Lizzie Dunford, directrice du musée, explique que ces liens seront mis en évidence grâce aux futurs panneaux d’affichage qui seront installés dans la propriété.

Elle explique que cela fera partie d’un “processus régulier et réfléchi” d'”interrogation” sur sa vie et sur la façon dont les aspects liés à l’esclavage peuvent être mieux présentés.

Mais les critiques ont qualifié ces plans de “folie”, affirmant que le musée avait été victime du “wokisme”. (…)

L’évolution vers une plus grande transparence des liens entre Austen et l’esclavage intervient dans le sillage des manifestations “Black Lives Matter”, déclenchées par le meurtre de l’homme noir non armé George Floyd à Minneapolis l’année dernière.

Le mouvement s’est rapidement étendu à la Grande-Bretagne avant de se concentrer davantage sur les liens du pays avec l’esclavage et le racisme historique. Il a conduit à des demandes de retrait des statues de Cecil Rhodes et de Winston Churchill et à l’obligation pour les organisations d’admettre si elles ont bénéficié de l’esclavage. (…)

Une autre proposition d’exposition, qui traite de ses opinions abolitionnistes, indique que “les vies des Noirs comptent pour Jane Austen”.

Les intentions du musée ont suscité une vague de réactions parmi les fans d’Austen sur les médias sociaux. (…)

Daily Mail