Royaume-Uni : Les criminels et les terroristes, vrais gagnants d’un Brexit sans accord ?

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Si un accord n’est pas trouvé avant décembre 2020, Londres risque de ne plus avoir accès aux bases de données de l’Union européenne, qui regorgent d’informations sur la criminalité et le terrorisme. Un réel danger pour la sécurité du pays.

Tandis que la fin de la période de transition relative au Brexit se rapproche de jour en jour (elle se termine le 31 décembre), l’hypothèse d’un “no deal” est de plus en plus probable. Si l’Union européenne et le Royaume-Uni ne trouvent pas un accord pour leur séparation, le problème ne concernera pas que le commerce, mais aussi un autre secteur : celui de la sécurité.

“En cas d’échec des négociations, les terroristes, les gangsters et les trafiquants d’êtres humains figureront parmi les grands gagnants”, s’indigne le site d’information européen, qui détaille les conséquences pour Londres d’une sortie sans accord : Le partage d’informations dans ce secteur si délicat ne sera donc plus automatique.

Pour mesurer le changement qui surviendra dans le modus operandi des forces de l’ordre britanniques, le site bruxellois rappelle un chiffre. En 2019, “la police du Royaume-Uni s’est servie du système d’information Schengen – qui contient des informations sur 79 millions d’individus, parmi lesquels des criminels ou des terroristes – environ 603 millions de fois”. Un “privilège” dont Londres jouit alors même qu’il ne fait pas partie de l’espace Schengen, qui risque fort de disparaître avec une sortie sans accord.

Autre “perte” que pourrait subir le Royaume-Uni à l’horizon 2021, l’accès direct à la base de données d’Europol, l’agence européenne de police criminelle, qui facilite les échanges entre les forces de l’ordre des États membres. Dans ce cas, la situation de Londres deviendrait, selon Politico, semblable à celles de pays comme la Norvège, la Suisse et l’Islande, qui ne font pas partie de l’UE, mais qui entretiennent des liens étroits avec les institutions communautaires.

Adieu ADN et empreintes digitales

Les gouvernements de ces États “doivent soumettre des demandes individuelles de données sur les suspects, les véhicules ou les registres des scènes de crime”, indique le média européen, qui prévient : “Le 31 décembre, à minuit, les écrans reliant la police, les services de cybersécurité et les responsables de la justice britanniques aux bases de données européennes de lutte contre la criminalité seront éteints.”

Les Norvégiens affirment que ces recherches indirectes prennent tellement de temps et s’accompagnent d’un tel éventail de restrictions sur l’utilisation, le stockage et la transmission des données qu’elles perdent souvent leur pertinence opérationnelle.”

De façon générale, la liste des informations auxquelles le Royaume-Uni pourrait devoir renoncer est longue : “L’accès instantané aux données concernant les passagers, à l’ADN, aux empreintes digitales et aux casiers judiciaires appartiendra au passé.

Une extradition pourra prendre un an ou plus plutôt qu’une moyenne de quarante-huit jours, comme c’est le cas aujourd’hui grâce au mandat d’arrêt européen. Quant aux demandes de coopération judiciaire, elles risquent d’être traitées au ralenti, à travers les voies diplomatiques plutôt que directement entre les responsables de la justice.”

Smartphone contre télex

Voilà qui constitue donc un grand pas en arrière dans la façon de travailler des forces de l’ordre britanniques. Une situation que Politico résume avec une métaphore :

Le gouvernement de Londres est donc en train de commettre une erreur. Ce qui est encore plus critiquable au vu du camp politique auquel appartient Boris Johnson. “Un gouvernement conservateur qui se targue de faire respecter la loi et l’ordre devrait s’alarmer de cette perte imminente de capacités”.

Politico