Royaume-Uni : Les trafiquants albanais qui exploitent des fermes de cannabis se font passer pour des victimes de l’esclavage moderne et de la traite d’êtres humains, afin d’éviter les poursuites

Les responsables de la police ont constaté une augmentation significative de l’utilisation du Mécanisme national d’orientation (MNO) dans les Balkans occidentaux ces dernières années – ce dispositif est utilisé pour mettre en évidence les cas potentiels d’exploitation de personnes. Mais les policiers qui enquêtent sur le trafic de drogue indiquent que la validité d’un grand nombre de ces demandes est “tout à fait contestable“.

Sur les 10.613 victimes potentielles de traite, d’esclavage et de travail forcé adressées au MNO l’année dernière, 452 – soit plus de 4 % – étaient albanaises, selon les statistiques. Les responsables ont déclaré qu’il y avait eu une “augmentation alarmante” du nombre de migrants illégaux cherchant à être orientés vers le MNO, ce qui leur permettrait d’éviter la détention, de ralentir l’expulsion et, dans certains cas, d’échapper complètement à l’expulsion.

La police du Derbyshire a constaté une tendance à ce que les Albanais arrêtés lors de saisies de drogue prétendent souvent être des victimes d’esclavage. Le chef adjoint de la police Dave Kirby a déclaré au journal : Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une tactique éprouvée. Dans environ neuf cas sur dix, les demandeurs peuvent se retrouver à l’abri de l’éloignement pendant environ un an.

En effet, ils sont protégés dès que les autorités décident qu’il existe des “motifs raisonnables” de croire qu’ils pourraient être victimes d’esclavage moderne, et ce jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise, laquelle est rarement approuvée en moins de 12 mois. En conséquence, la ministre de l’intérieur Priti Patel supervise actuellement des plans visant à déployer une nouvelle définition de “l’ordre public”, qui permettrait aux chefs de police de refuser la protection du MNO aux personnes commettant des crimes graves ou menaçant la sécurité nationale.

Cette décision intervient dans un contexte où les parrains du crime organisé font entrer illégalement des “jardiniers” spécialisés au Royaume-Uni et les protègent en les installant dans des entrepôts et des bâtiments piégés. Des grillages barbelés entourent le périmètre des exploitations, tandis que les intrus risquent de se blesser en empruntant des escaliers truffés de marches manquantes et de faux planchers.

À Middlesbrough, la police effectue chaque mois des descentes dans des fermes de cannabis et constate qu’un grand nombre de suspects sont Albanais. L’un de ces exemples est celui d’Armelind Rexha, qui est arrivé en Grande-Bretagne avec un visa d’étudiant et a affirmé avoir été contraint de cultiver de la drogue après la découverte d’une récolte d’une valeur de quelque 672.000 £.

Toutefois, Sara Thornton, commissaire indépendante chargée de la lutte contre l’esclavage, a demandé à la police de continuer à examiner si les suspects peuvent être des victimes, même si des allégations douteuses sont rapportées. Elle a déclaré : “Il est essentiel qu’une enquête approfondie soit menée dès les premiers stades afin que les victimes soient identifiées et que les criminels organisés soient contrecarrés“.

The Daily Mail