Royaume-Uni : Racisme, discrimination… la cheffe de la police de Londres démissionne après une série de scandales

Scotland Yard est notamment visée par un rapport publié le 1er février qui a révélé des milliers de messages échangés entre policiers, « dont beaucoup étaient hautement sexualisés, discriminatoires ou faisaient référence à la violence ».

lle avait fait face à « une série d’attentats djihadistes en 2017 » ainsi qu’à « l’incendie meurtrier de la tour Grenfell (71 morts) ». Cressida Dick, la cheffe de la police de Londres, a annoncé jeudi soir sa démission sur fond de crise de confiance et dans la foulée d’un rapport pointant des comportements racistes, misogynes et discriminatoires au sein de Scotland Yard.

Poussée vers la sortie par le maire de Londres Sadiq Khan, Cressida Dick, nommée en 2017 et première femme à diriger Scotland Yard, a estimé dans un communiqué qu’elle n’avait « d’autre choix que de démissionner ». « Il est clair que le maire n’a plus la confiance nécessaire dans ma direction pour que je continue », a-t-elle déclaré, précisant qu’elle resterait à son poste en attendant que soit désigné son successeur. « Je suis incroyablement fière de mon équipe et de tout ce qu’ils ont accompli », a-t-elle ajouté.

Dans un tweet, le chef du gouvernement Boris Johnson a remercié Cressida Dick pour avoir « protégé le public et rendu nos rues plus sûres ». « Dame Cressida a servi son pays avec beaucoup de dévouement et de distinction pendant de nombreuses décennies ».

Dans un communiqué jeudi soir, le maire de Londres a indiqué qu’il n’avait « pas été satisfait » par la réponse de Cressida Dick face à l’ampleur des changements selon lui « urgemment » nécessaires pour « restaurer la confiance » des Londoniens et se débarrasser du « racisme, du sexisme, de l’homophobie, du harcèlement, des discriminations et de la misogynie qui existent toujours » dans la police de la capitale.

La démission de Cressida Dick, 61 ans, fait suite à la publication le 1er février d’un rapport accablant de la police des polices britanniques, l’IOPC. Celle-ci avait notamment passé en revue des milliers de messages échangés sur les réseaux sociaux entre policiers, « dont beaucoup étaient hautement sexualisés, discriminatoires ou faisaient référence à la violence ». Ils comportaient notamment des allusions directes à des viols, des termes homophobes ou racistes ou des références au camp d’extermination nazi d’Auschwitz.

Sur les 14 policiers visés, basés principalement au commissariat de Charing Cross, dans le centre de Londres, neuf sont toujours en activité. Ils avaient minimisé les messages en les mettant sur le compte de la plaisanterie. L’enquête avait initialement été ouverte en 2018 contre un policier soupçonné d’avoir eu des relations sexuelles avec une personne soûle dans un commissariat de police. Elle avait ensuite été élargie.

Viol et photos de cadavres

D’autres scandales ont récemment mis à mal Scotland Yard. Après le viol et le meurtre d’une Londonienne, Sarah Everard, par un policier en mars 2021, qui avaient profondément choqué au Royaume-Uni, la police avait également été accusée d’avoir ignoré toute une série de signaux alarmants sur le comportement de cet agent. Elle avait aussi été pointée du doigt pour son intervention musclée pour disperser un rassemblement en hommage à la victime, ou après que deux policiers se furent pris en photo sur la scène d’un double meurtre avant de partager les clichés.

La police de Londres a également été vertement critiquée pour avoir tardé à enquêter sur les fêtes à Downing Street et dans les cercles du pouvoir malgré les restrictions sanitaires, scandale qui menace la survie politique du Premier ministre Boris Johnson.

Le Parisien