Russie : Les empoisonneurs d’Alexeï Navalny identifiés comme étant huit membres du FSB

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Huit membres du FSB, les services du renseignement intérieur russe, sont impliqués dans la tentative d’empoisonnement du plus célèbre dissident de Russie, en août dernier. Tout à coup, je peux regarder leurs photos et dire : c’était vous”, confie Alexeï Navalny. Le plus célèbre dissident russe – qui soupçonnait depuis longtemps la main de Moscou dans la tentative d’empoisonnement au Novitchok dont il a été victime le 20 août – semble avoir eu raison.

Selon une enquête menée conjointement par le magazine de Hambourg, les plateformes d’investigation Bellingcat et The Insider ainsi que la chaîne américaine CNN, il ne subsiste quasiment aucun doute : au moins huit agents du FSB, le renseignement intérieur russe, auraient espionné Navalny “pendant des mois, voire des années” avant d’attenter à sa vie.

Une lourde charge d’indices

Grâce à l’analyse de communications téléphoniques, de données GPS et autres informations concernant plus d’une dizaine d’agents du FSB, et à l’examen d’innombrables listes de passagers sur des lignes aériennes, huit personnes peuvent être nommément citées. “Beaucoup de ces informations proviennent de nombreuses banques de données russes plus ou moins accessibles. Ce ne sont pas des preuves définitives, mais elles constituent une lourde charge d’indices.

Depuis mi-janvier 2017, Navalny était accompagné dans tousses déplacements par cinq membres du FSB, une équipe à la composition variable, dont Alexeï Alexandrov, médecin urgentiste émargeant au FSB depuis 2013, et Vladimir Paniaïev, infirmier, membre du FSB depuis 2009, formaient le noyau. Un autre médecin, Oleg Taïakin, collaborateur à l’Institut de criminalistique (fondé en 1977 par le KGB), un département du Centre pour les techniques spéciales du FSB, aurait coordonné les opérations auxquelles cinq autres agents étaient mêlés.

Retour programmé à Moscou

Depuis début septembre, la chancelière Angela Merkel – qui avait œuvré à la prise en charge médicale de Navalny par l’hôpital de la Charité à Berlin –, demandait à Moscou de faire la lumière sur cette affaire qui avait ébranlé les relations entre la Russie, l’Allemagne et l’Union européenne. L’enquête journalistique aura devancé les révélations du Kremlin.

Malgré les risques qu’il encourt face à ce qu’il qualifie de “terrorisme d’État par définition”, Alexeï Navalny prépare son retour à Moscou. “C’est une décision que j’ai prise il y a longtemps”, assure Navalny, qui vise peut-être les élections législatives de septembre 2021, où les sondages ne créditent le parti Russie unie que de la moitié des suffrages escomptés par le président Poutine.Entre-temps, le “dissident survivant” – qui réside encore momentanément en Allemagne – en appelle à un durcissement des sanctions européennes à l’encontre de Moscou et à un soutien en ce sens des États-Unis.

Spiegel