Saint-Denis : « Chauve-souris », manifestation après les propos du directeur de cabinet du maire PS sur une assesseure voilée

Des manifestants se sont réunis ce jeudi soir devant l’hôtel de ville pour dénoncer les remarques d’un collaborateur du maire Mathieu Hanotin (PS), qui a qualifié de «chauve-souris» la femme voilée prise en photo avec le candidat (RN) Jordan Bardella lors des dernières élections régionales.

« Fille de chauve-souris ! », « citoyennes, pas chauves-souris ». Voilà quelques-uns des panneaux qui ont été brandis ce jeudi soir par les manifestants devant l’hôtel de ville de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Plusieurs dizaines de personnes se sont réunies, à l’appel notamment du comité local du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, pour dénoncer les propos tenus par le directeur de cabinet du maire. Ce mercredi, Frédéric Bonnot a été sanctionné par l’édile Mathieu Hanotin (PS) pour s’être moqué d’une femme voilée dans un groupe WhatsApp privé rassemblant une dizaine de ses collaborateurs.

Le 20 juin 2021, Jordan Bardella, le candidat (RN) aux élections régionales en Île-de-France, avait suscité la polémique en publiant sur son compte Twitter une photo de lui en train de voter dans un bureau de Saint-Denis et de signer la liste d’émargement face à une assesseure voilée.

Mis à pied pour trois jours

Tandis que le cliché commençait à faire « le buzz », ce dernier avait été partagé sur un groupe WhatsApp professionnel privé auquel appartient le directeur de cabinet. Il l’avait alors commenté en écrivant : « En plus, c’est une chauve-souris qui le fait émarger », accompagné d’un émoji signifiant le rire.

Après la révélation de cette discussion par France Bleu ce mardi soir, le maire de Saint-Denis a condamné les propos de son collaborateur et l’a mis à pied pour trois jours. « Ce n’est pas assez, son directeur doit démissionner ! » estime Jamila, une habitante musulmane de Saint-Denis présente à la manifestation. « Des propos pareils sont une honte pour une ville métissée comme la nôtre », juge cette sexagénaire elle-même voilée.

Un adjoint quitte le groupe de la majorité

Mathieu Hanotin, lui, se défend de tout racisme au sein de son équipe, rappelant qu’il a rapidement publié un message de soutien à l’assesseure après avoir vu qu’elle était la cible d’insultes islamophobes sur les réseaux sociaux.

Après la publication d’une photographie du vote du candidat du Rassemblement National dans un bureau de vote de Saint-Denis, je tiens à rappeler quelques principes fondamentaux : pic.twitter.com/8AH3UPUEhk— Mathieu Hanotin (@MathieuHanotin) June 20, 2021

Cet épisode a en tout cas profondément choqué Brahim Chikhi, adjoint au maire, qui a décidé de quitter le groupe de la majorité Notre Saint-Denis. Si dimanche, il avait écrit une lettre à l’édile avec quatre autres élus pour l’informer de leur souhait de créer un nouveau groupe, ce dernier ne devrait finalement pas voir le jour.

Ce jeudi, Mathieu Hanotin a annoncé sur son compte Facebook que trois d’entre eux poursuivaient en fait « l’aventure Notre Saint-Denis ». « Hervé Borie et Bertrand Revol siégeront dans la majorité, et pour ce dernier, il gardera des fonctions d’adjoint chargé de l’économie sociale et solidaire, du tourisme et de l’économie de la culture », détaille le maire, ajoutant que Sonia Rabhi est également maintenue « dans ses fonctions d’adjointe chargée de la vie associative ». Des ajustements dans les délégations devraient être actés lundi 12 juillet lors du prochain conseil municipal.

Le Parisien