Saint-Dié-des-Vosges (88) : Invasion de cafards dans un immeuble, « le problème semble provenir de demandeurs d’asile »

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Dans son appartement rue d’Ortimont, Monique Perrin ne dort plus beaucoup. La locataire âgée de 65 ans pensait profiter de sa retraite, mais c’était sans compter sur ses nouveaux colocataires. Des cafards ont en effet élu domicile depuis plusieurs mois dans l’immeuble , au grand dam des habitants.

« Deux désinsectisations ont eu lieu en 2019 ; Vosgelis a pris en charge trois interventions consécutives en 2020 », assure le bailleur social, qui précise que le problème semble provenir d’appartements loués depuis 2019 à « une association d’insertion accueillant des publics fragiles dans le cadre du dispositif d’État ». En l’occurrence, plusieurs demandeurs d’asile.

« J’ai contacté le bailleur social, Vosgelis , mais quand ils viennent ils n’en trouvent pas. Je n’en ai que deux ou trois par jour, c’est vrai, mais c’est tout de même trop », se plaint la locataire, installée dans son appartement depuis 2008. Bombe à la main, elle ouvre avec anxiété la porte du cagibi pour montrer le repaire des insectes extrêmement résistants. Elle a entièrement vidé l’espace de ses casseroles et autres ustensiles. « Mon fils a mis de la mousse entre tous les interstices pour les empêcher d’entrer », indique-t-elle.

Des cafards plein la cuisine

Rue d’Ortimont à Saint-Roch, des locataires du bailleur social Vosgelis lancent l’alerte. Depuis plusieurs mois, ils ont des dizaines de cafards dans leur cuisine et attendent avec impatience leur éradication. Trois désinsectisations ont déjà eu lieu.

Des cafards ont envahi un immeuble Vosgelis dans le quartier Saint-Roch. Les voisins ne savent plus comment s’en débarrasser.  

Dans les étages, pas besoin d’aller très loin pour constater ce qu’il en est. Les locataires ouvrent les placards sous l’évier, laissant apparaître de véritables nids. « Il fait jour et nous faisons du bruit donc ils ne sont pas nombreux. Vous devriez voir la nuit », déplore un migrant, dont la cuisine est pourtant impeccable, même si plus toute jeune. « Nous avons déjà démonté une partie des cuisines et tous les meubles avec évier vont être changés car les cafards font leur nid dans le bois », explique Benoît Mouric, de l’association Coallia qui gère six logements dans l’immeuble.

Des cafards ont envahi un immeuble Vosgelis dans le quartier Saint-Roch. Les voisins ne savent plus comment s’en débarrasser.  

Mais dans un autre appartement, les occupants sont en effet moins méticuleux : poubelle ouverte, nourriture sur des étagères ouvertes… Les cafards y trouvent de quoi proliférer. « Nous sensibilisons les locataires, mais les habitudes ont la vie dure et ils n’ont pas forcément les budgets pour des boîtes », regrette Benoît Mouric, qui travaille en concertation avec Vosgelis.

De son côté, Monique Perrin a fait une demande pour être relogée. « Je n’en peux plus, ça m’angoisse à chaque fois que j’ouvre une porte. J’ai fait une embolie pulmonaire en juillet et je fais aussi de l’apnée du sommeil. Je ne sais pas si les produits que je vaporise toute la journée pour me débarrasser de ces bestioles risquent d’aggraver mes problèmes de santé », s’inquiète-t-elle.

La locataire a écrit au maire et aussi au bailleur social, mais n’a pas les moyens financiers de partir pour aller dans un logement privé. « Quand je déménagerai, je ne pourrai même pas emporter mes meubles, j’aurais trop peur d’emmener les cafards », se résigne-t-elle, après plusieurs discussions avec des personnes dans des situations similaires.

Vosges Matin

4 Commentaires

  1. Ayant travaillé un moment dans une entreprise 3 D (désinfection, désinsectisation, dératisation), je peux donner quelques conseils. D’abord, quand on voit 1 cafard, c’est qu’il y en a 10. Quand on en voit 10, c’est qu’il y en a 100 et quand on en voit 100, c’est qu’il y en a 1000. Si vous en voyez, ne les écrasez pas. La femelle, lorsqu’elle se sent en danger, lâche sa poche d’oeufs, laquelle est pratiquement indestructible. On risque d’emmener cette poche à la semelle de ses chaussures. Le cycle de reproduction est de 24 jours. Donc si on traite un appartement, il faut le retraiter 24 jours plus tard car les traitements n’ont aucun effet sur les poches d’oeufs. Dès que la poche d’oeufs se romp pour libérer les bébés cafards, il faut agir sur la nouvelle génération laquelle se propage d’appartements en appartements par l’intermédiaire des tuyauteries. Les blattes ou cafards se plaisent dans les lieux sombres, chauds et humides : sous les tapisseries, les éviers, les baignoires, les dessous de frigo et de chaudières, les plinthes. Seules les interventions de professionnels vous en débarrassera à condition d’intervenir dans tous les appartements sans exception, les parties communes et surtout les vides-ordures et les locaux poubelles et en retraitant 24 jours après la première intervention.
    On peut ramener des cafards dans ses bagages ou dans les emballages des courses faites au supermarché. J’ai vu dans un vol Air-algérie des cafards se balader sur les sièges des passagers. Les restaurants en regorgent, notamment les restaurants asiatiques, les kebabs, les restaurants africains souvent installés dans des lieux vétustes avec des cuisines en sous-sol.

  2. Ce sont des blattes, le terme cafard englobant quant à lui les bestioles en question, ainsi que celles, plus grosses et plus foncées, qui les ont introduites.

    Internet raconte tout un tas de légendes quant aux manières de s’en débarrasser, genre:
    Nettoyer tous les meubles à l’extérieur comme à l’intérieur.
    -Conditionner les aliments secs comme le riz ou les pâtes dans des boîtes en plastique, passer l’aspirateur après chaque repas pour éviter les miettes,
    -Boucher toutes les évacuations le soir et passer une bombe aérosol conçue pour les tuer et vaporiser sur les passages repérés.
    -Ne jamais écraser une blatte vivante, car elle est souvent remplie d’œufs. Vaporiser de l’insecticide dessus, car elle va aussi empoisonner plusieurs de ses congénères.
    -Mélanger de l’acide borique à du lait concentré sucré et mettre les boules dans plusieurs endroits. Il faut attendre environ deux semaines pour que la méthode produise son effet. Dans ce cas, il faut faire attention aux enfants et aux animaux domestiques.

    Que des conneries, il en reste toujours.

    La meilleure combine c’est le froid. Il faut attendre l’hiver pour se barrer un week-end en coupant tout, le chauffage et l’eau (pour ne pas faire exploser une canalisation), et puis c’est tout. Au retour elles seront toutes mortes, les oeufs avec.
    Fonctionne parfaitement pour les petits cafards beiges, pour les gros cafards foncés, prévoir une bonne semaine.

  3. J’ajoute à mon commentaire ci-dessous quelques précisions. Si une entreprise de désinsectisation intervient chez vous, calfeutrez vos aquariums et leurs prises d’air exterieures. Les produits sont fatals pour les poissons. Eloignez également les chats, chiens, furets, lapins ou rats domestiques.
    Il existe un traitement par bombe qu’on laisse diffuser après avoir calfeutré portes et fenêtres valable pour les pavillons. Il faut ensuite utiliser une autre bombe pour éliminer le produit toxique. L’avantage, c’est que le gaz pénètre partout, mais l’usage est délicat et là aussi, il faut réitérer l’opération 24 jours après car les femelles, avant de mourir, auront lâché leur poche d’oeufs qu’on prétend indestructibles même par le feu.

    • Indestructibles… même aux radiations, mais pas au froid.

      Si c’est compliqué en immeuble, pour un pavillon c’est simple, suffit de le vouloir, de se payer une bonne semaine de ski quand c’est la saison en laissant tout coupé, laisser geler la maison, ce sera toujours moins cher qu’un traitement à refaire tous les ans.

      Si tous les animaux domestiques peuvent être recasés ailleurs le temps de “laisser agir”, pour les aquariums c’est plus compliqué.

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