Saint-Génis-de-Saintonge (17) : “Ils ont leur vie ici et se disent Français”, un village charentais se bat contre l’expulsion d’une famille éthiopienne

RMC aide ce mardi un père et ses deux enfants de 8 et 11 ans. Cela fait trois ans qu’ils vivent dans une petite commune près de Saintes (Charente-Maritime) et tout le village se bat pour qu’ils ne soient pas renvoyés en Ethiopie.

Ce sont les habitants de Saint-Génis-de-Saintonge qui nous ont contactés à l’adresse rmcpourvous@rmc.fr. Un petit village de 1.200 personnes, situé en Charente-Maritime, qui se bat pour un père de famille et ses deux enfants.

Cela fait 3 ans que la famille Getu vit à Saint-Genis-de-Saintonge et le père a fait une demande d’asile qui a été refusée. Maintenant, la famille est menacée d’expulsion vers son pays d’origine: l’Ethiopie, un pays en guerre. Pour les habitants de Saint-Génis, c’est incompréhensible. Surtout pour les parents d’élèves de l’école.

Cela fait trois ans qu’ils sont en France, les enfants ont des copains ici, leur vie ici. Ils se sentent français. Soit on les accueille, soit on les accueille pas, mais on ne les laisse pas trois ans et dire au final qu’il faut partir”, s’offusque Aurélie, parent d’élève et membre du comité de soutien.

“M. Getu nous accompagne sur les sorties scolaires depuis le début, ses enfants sont irréprochables à l’école et ont un niveau scolaire qui est bien meilleur que certains de nos enfants”, poursuit Olivier, également parent d’élève.

“Ils sont gentils, ils sont polis. Ils donnent l’exemple”

La famille est très appréciée dans le village, et les habitants ont déjà organisé deux manifestations. Ils ont fait une pétition, recueilli des témoignages citoyens… Ils sont d’autant plus inquiets que c’est la guerre en Éthiopie. Il y a deux semaines, la France a même appelé ses ressortissants à quitter le pays sans délai, tellement c’est dangereux sur place.

Temsgen et Yabsera ont 11 et 8 ans. Cela fait 6 ans qu’ils ont fui leur pays car avant la France, ils ont transité par la Suisse et l’Allemagne. Les deux enfants parlent parfaitement le français et sont très touchés de la mobilisation du village.  

“Ils m’ont dit qu’ils espèrent qu’on reste et des mots gentils. J’aimerais rester ici en France parce qu’en Ethiopie, c’est la guerre et je risque de mourir là-bas. Ici, j’ai plein d’amis et je m’y sens bien.”

Leur père Wandeosen, 45 ans, était garagiste en Éthiopie. Ici, on lui a fait plusieurs propositions de CDD mais il n’a pas le droit de travailler car il n’a pas de papiers français. Lui, il est surtout très inquiet car la famille peut être expulsée de son logement avant la fin de cette semaine, il n’y a pas de trêve hivernale dans cette situation.

J’ai peur. En Ethiopie, il n’y a rien. Il y a la guerre, beaucoup de personnes meurent, et beaucoup n’ont rien à manger. J’ai deux enfants, et avec des enfants c’est dur de survivre. Honnêtement je ne sais pas ce que j’ai manqué, j’ai tout essayé mais je n’ai pas de réponses. Je veux juste protéger mes enfants.”

Ils ont le soutien du maire du village mais aussi d’un député de la majorité, Raphaël Gérard, qui a écrit à Marlène Schiappa il y a plusieurs mois. 

On est sur une question d’humanité et de capacité à accueillir une famille qui est parfaitement insérée, et qui est agréé par l’ensemble de la communauté. On ne met pas une famille à la rue avec des enfants en plein mois de décembre.”

De notre côté, nous avons alerté le cabinet de Marlène Schiappa au ministère de l’Intérieur sur la situation de cette famille. Le cabinet nous a indiqué mardi soir “faire confiance aux services de l’Etat”.