Saint-Hilaire-du-Harcouët (50) : Un Afghan de 21 ans doit quitter le territoire sans savoir où aller

Un jeune Afghan, vivant près de Saint-Hilaire-du-Harcouët, doit quitter le territoire. Il a reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Pour son témoignage anonyme pour sa sécurité, il a choisi Omar comme prénom.

Nous avons pu échanger avec lui, lundi 20 septembre, grâce à la fédération de la Ligue des droits de l’homme qui s’inquiète de sa situation. Les personnes qui le suivent sont démunies face à cette situation.

En France depuis 2016

En France depuis 2016, les services de l’État demandent au jeune homme de 21 ans de quitter le territoire dès le 10 octobre. Omar porte son masque sur le visage mais son regard est marqué par une inquiétude. Il ne parle pas beaucoup mais chaque phrase fait froid dans le dos.

Je ne peux pas retourner là-bas. C’est dangereux pour moi. Les Talibans vont me tirer une balle dans la tête s’ils savent que je suis revenu. Omar Originaire de Baghlan, une province dans le nord de l‘Afghanistan, Omar a quitté son pays pour fuir l’enrôlement des Talibans. Il n’avait alors que 16 ans. En France, il a été pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance du département de la Manche.

L’incompréhension

Le 10 septembre, il a reçu une obligation de quitter la France. La Ligue des droits de l’Homme ne comprend pas ce choix. L’incompréhension est d’autant plus grande au regard de la situation incertaine de l’Afghanistan, depuis le retrait des troupes américaines du pays et la prise de pouvoir des Talibans. Nous avons interrogé le préfet sur la question. Il a répondu dans un communiqué.

La décision date du 17 juillet 2021, c’est-à-dire avant l’évolution de la situation en Afghanistan. La décision prise à cette date ne pouvait que constater l’irrégularité de la présence sur le territoire français. Les Afghans en situation irrégulière sur le territoire français ne sont pas reconduits en Afghanistan. 

Nicole Launey, de la Ligue des droits de l'Homme et Marie-Claire Evariste, vice-présidente d'Itinérance Sud-Manche ne comprennent pas la décision du préfet de la Manche d'expulser le jeune Afghan, « qui a fait tout ce qu'on lui demandait pour rester en France ».
Nicole Launey, de la Ligue des droits de l’Homme et Marie-Claire Evariste, vice-présidente d’Itinérance Sud-Manche ne comprennent pas la décision du préfet de la Manche d’expulser le jeune Afghan, « qui a fait tout ce qu’on lui demandait pour rester en France ».

Où ira-t-il après ?

Va-t-il être envoyé dans un centre de rétention administrative ? Si ce scénario est retenu la durée ne doit pas dépasser les 90 jours. Où ira-t-il après ? Restera-t-il sur le territoire de façon illégale ? « On ne peut pas l’éloigner. Il ne sera donc pas mis en rétention. Il peut faire appel de la décision », a répondu le préfet. Omar pourrait obtenir un recours. La Ligue des droits de l’Homme espère que la préfecture va changer de position.

Nous rencontrons des Afghans qui se demandent avec angoisse ce que vont devenir leurs familles, dans un pays où les libertés sont d’ores et déjà menacées.” La Ligue des droits de l’Homme

« Je suis intégré ici »

Le jeune afghan a passé un CAP dans la restauration. Mais n’a pas pu travailler dans le domaine à cause du confinement. Il a enchaîné des contrats en tant que couvreur dans le bâtiment. Le patron de l’entreprise veut bien le recruter. Il a même rédigé une promesse d’embauche. Le document a été mis dans le dossier avec les nombreuses fiches de paie.

« Il a fait tout ce qu’on lui avait dit de faire »

Omar a enchaîné les contrats de trois mois soit la durée des récépissés qui l’autorisent à travailler. Le jeune homme espère pouvoir rester en France. Il a appris la langue en trois ans environ. « Je suis intégré ici », explique-t-il. Nicole Launey espère que le préfet changera d’avis. « Il a fait tout ce qu’on lui avait dit de faire », indique la bénévole de la Ligue des droits de l’Homme. 

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